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Elisa'
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Staffeux retraité

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Distinction : Mon héritière que je chéris Votes du concours de scénario/histoire à thème n°1   344805Votes du concours de scénario/histoire à thème n°1   344805
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Plus que 2 ans avant d'épouser Coco' ! Compte à rebours lancé !
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Adepte du "Je le savais" alors qu'elle le savait pas.
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Post-it Votes du concours de scénario/histoire à thème n°1

le Mer 17 Nov 2010 - 14:09
Vous avez jusqu'au Mercredi 24 Novembre pour voter pour votre scénario préféré, dépêchez-vous Smile
Voici les différents scénarios :



Spoiler:
@Pharazon a écrit:
Il était une fois... une nuit d'Halloween




Le voile noir était tombé depuis déjà plusieurs heures ; et tandis que l’astre flamboyant avait fuit le froid de la nuit, sa compagne, plus pâle et plus espiègle, illuminait la scène de toute sa grâce. Une forêt dense, encerclait le petit village de Sinark, et, sur le chemin qui menait jusqu’à la dernière maison, une ombre avançait.
Lentement…


Le Vent froid de l’automne soufflait fort, obligeant les pins à courber l’échine. Les dernières feuilles rouges s’envolaient, arrachées violemment des arbres, puis venaient s’écraser sur le sol encore détrempé par la récente averse.
Les rayons de la Dame jouaient avec les rafales ; D’abord entre les branches et les arbres, redescendaient ensuite vers le village dans une danse étrange, s’essoufflaient dans les ruelles, dessinant sur les murs des chaumières des monstres obscurs, puis repartaient danser au loin, infatigables.


L’ombre avançait doucement…
Lentement…
Attirée comme un papillon par la lumière, elle se dirigeait inexorablement vers cette habitation. Sans personne pour la voir. Sans personne pour les prévenir...
Lentement…


Le ciel sans nuage laissait prévoir une nuit glaciale. Les étoiles brillaient à l’unisson, comme pour répondre à l’étrange éclat de la Lune. Le vent redoublait de violence, fouettant les tuiles. Il hurlait sa rage dans les ruelles, frappant contre les volets et les portes, prêt à bondir sur l’inconscient qui oserait lui répondre.
L’ombre menaçante continuait son chemin, impassible.
Le Vent redoubla d’effort, comme pour provoquer cette étrange créature, qui ne semblait pas se soucier de lui. Il l’enlaça, prêt à l’arracher du sol, emmenant avec lui la poussière, les feuilles et la terre qui trainaient sur son passage.
Un cri…
Il avait réussi. Réussi à la faire réagir.
Puis un rire…
Non.
Non, cela ne l’a perturbait pas. Cela l’amusait…
La Dame, impatiente, qui observait, suspendue au loin, vînt alors en aide à son ami. Elle consentit à offrir plus qu’habitude. Et devant tant de grâce, qui éblouissait alors toute la scène, l’ombre accepta de dévoiler son apparence.
Une chimère…
L’ombre se métamorphosait peu à peu. Enfin, elle se divisa, révélant non pas un, mais quatre monstres, créatures de cauchemars.
Un corps squelettique surmonté d’un crâne aux orbites vides devançait la procession ; Suivait une vieille femme aux cheveux longs et grisonnants, surplombés d’un chapeau tordu. Son nez était déformé par une verrue, et quelques dents manquaient dans sa bouche, transformant son sourire en une grimace affreuse. A son bras pendait un chaudron, où mijotait une mixture douteuse. Des vapeurs nauséabondes s’en échappaient, perturbant l’odorat d’un lycanthrope, passé inaperçu jusqu’alors. Il mâchouillait allègrement, une écume épaisse s’écoulant le long de sa gueule entrouverte. Un gobelin à l’œil perfide fermait la marche. Sa peau glauque et poisseuse luisait sous la faible lueur de la Lune. Une dague dans chaque main, le pas pressé, il sautillait plus qu’il ne marchait en suivant la cadence imposée par les autres.


Le petit groupe n’était plus qu’à quelques pas de sa destination, et malgré les cris plaintifs du Vent pour prévenir les résidents, le quatuor entra dans le petit jardin. En quelques foulées, ils arrivèrent sur le perron. Ensemble, ils frappèrent à la porte.
Des rires…
« C’est la dernière ! »
Spoiler:

@Naël a écrit:
Conte d'Halloween.

Nous étions six, debout, le même air fier sur le visage.
La fierté et l'espoir du village.
Il y avait Jörge, le meilleur chasseur que je connaisse, Bihl, mon ami de toujours, Frensoit, réputé
pour sa vue perçante, Pyair, un autre chasseur, doué pour suivre les pistes, Juli'ain, sûrement l'homme le
plus fort qui existe, et moi, complétant le duo d'envoleurs que nous formions avec Bihl.
Le chef du village nous regarda en silence quelques instants, puis prit la parole d'une voix usée par
les âges.
-Demain, vous partirez du village comme des héros, et quand vous reviendrez, vous serez des
légendes...
Il nous détailla un par un, comme pour peser notre courage, puis reprit.
-Avant le ciel était bleu, de l'herbe poussait sur le sol, on trouvait de l'eau un peu partout, et surtout,
les hommes était heureux, récita-t-il d'une voix mélancolique.
Je reconnus ces paroles. Elles étaient tirées de l'Histoire de l'Avant-Guerre, dernier écrit existant.
-J'étais enfant quand la Troisième Grande Guerre a éclaté, et je peux vous assurer qu'il en était
ainsi. Vous savez que tout à changé quand l'Arme a été utilisée.
Bien sûr que nous savions. Le Cataclysme, qui avait obscurcit à jamais le ciel, asséché le sol et fait
apparaître les monstres.
-Voilà trente ans que le Cataclysme à marqué notre monde, enchaîna le chef en écho à mes
pensées. Trente ans que nous nous terrons dans ce village qui n'en est pas un, sans essayer de voir si
d'autres sont dans le même cas que nous. C'est pourquoi, demain aura lieu la première expédition pour
gagner le village le plus proche. Ce village et le notre entretenaient d'excellentes relations commerciales.
C'est au nom de ce souvenir que nous nous unirons à nouveau, afin que nos deux villages n'en fassent
qu'un pour mieux lutter !
Je vis au visage de mes compagnons qu'il nous avait convaincu.
-Vous marcherez six jours droit devant, vers le soleil le matin, dos à lui le soir. Six jours au travers
des plaines, avec la soif, la faim et les monstres à vos trousses. Je vous conseille vivement de les semer...
Bien. Quels sont ceux qui souhaitent finalement ne pas partir ?
Pas un de nous ne broncha.
-Reposez-vous. Vous n'en aurez peut-être pas l'occasion tous les soirs.
Nous sortîmes de sa tente, le coeur gonflé de courage.
Je jetai un coup d'oeil sur cet ensemble gris et brun verdâtre de tentes que nous nommions village.
Il n'y avait rien à regretter.
Nous partîmes le lendemain sous les acclamations des habitants, avec nos couteaux pour seuls
armes, une gourde d'eau chacun et un jerrycan à moitié plein pour lutter contre la soif, et avec pour toute
nourriture, un assortiment d'aliments emballés datant de l'Avant-Guerre.
J'espérais vivement que l'autre village avait trouvé une source de nourriture.
Le chef commença son discours tandis que nous ajustions nos besaces sur nos épaules.
-En ce jour du 24 octobre 2395, un groupe de six hommes, menés par Jörge, notre meilleur
chasseur, part pour notre salut. Ces héros, sur qui repose la survie de notre village, braveront tous les
dangers pour gagner un autre village, au-delà des plaines et nous en rapporter l'espoir dont nous
manquons !
Les vivats des villageois nous portèrent tandis que nous nous mettions en route.
La marche au travers la plaine se révéla extraordinairement ennuyeuse, au milieu des arbres morts
et des rochers, nos yeux las de scruter en vain au travers de cette perpétuelle brume blanche.
Quand la nuit tomba, Juli'ain alluma un feu pour éloigner les bêtes.
Nous nous allongeâmes, roulés en boule, la tête sur nos sacs, tandis que Juli'ain, assis sur une
grosse pierre, un peu à l'écart, montait la garde.
Je m'autorisai une gorgée d'eau, maudissant son goût acide, puis fermai les yeux et m'endormis
immédiatement, fatigué par la longue journée de marche.
Je fus réveillé par Jörge qui me secouait l'épaule. J'ouvris les yeux, me levai et me figeai d'horreur
devant ce que me désignait le chef de l'expédition : le corps du veilleur.
Son corps était lacéré de toutes part, et son ventre ouvert répandait ses entrailles sur le sol. Une
grimace d'effroi et de stupeur déformait son visage.
Je réprimai à grand peine mon envie de vomir.
La mort n'a pas une odeur. Elle en a mille, et celle de la chair en décomposition est la pire.
Tandis que Bihl invectivait cette plaine qui venait de nous prendre un compagnon, nous dressions un
bûcher rudimentaire, et après l'avoir dépouillé, à l'exception de ses habits, nous y fîmes brûler Juli'ain.
Je savais que le plus dur était pour Jörge, qui, en tant que chef, devait se sentir responsable de
nous tous.
Pyair estimait que la mort de notre camarade était l'oeuvre funeste d'un Grognard, un de ces
molosses qui arpentaient les plaines. Nous étions visiblement sur son terrain de chasse.
Le début de la journée fut calme, et le vent qui nous gelait jusqu'au os retomba le midi, alors que
nous entamions notre repas.
Nous découvrîmes que le triste contenu des sachets ne faisait guère exception à d'habitude : les
vers ( dans le meilleur des cas ) étaient là pour remplacer la bouillie infecte qu'ils avaient dévoré.
Alors que le soleil déclinait et que nos ombres s'allongeaient, on entendit l'aboiement rauque d'un
Grognard.
Jörge déclara que le monstre n'était pas loin, et à notre grand désespoir, Frensoit confirma en
annonçant qu'il apercevait déjà un point à l'horizon.
Nous choisîmes un arbre, et nous nous efforçâmes d'y grimper.
Bihl et moi aidions rapidement les trois autres à monter, alors que le Grognard devenait visible par
tous.
L'énorme bête déboula, la bave au lèvres, soulevant un nuage de poussière.
Je vis Jörge empoigner son couteau et se préparer à l'attaque. Lorsque la bête parvint sous l'arbre,
énorme molosse au poil jaunâtre, aux griffes et aux canines tranchantes, il lui tomba littéralement dessus,
pointe de l'arme dirigée vers le sommet du crâne du monstre.
Le sang gicla, noir et poisseux, et le hurlement de douleur de la bête nous emplit les oreilles.
Les deux combattants roulèrent au sol, tandis que nous n'osions intervenir, de peur de frapper, notre
meneur, tant son corps semblait indissociable de celui du Grognard.
J'aperçus enfin le couteau s'enfoncer jusqu'au manche dans la gorge du molosse, et Jörge
s'éloigner en titubant du corps.
Le Grognard tressauta encore quelques instants avant de s'abandonner au bras de la mort.
Nous bondîmes au bas de l'arbre mort, peu fâchés de quitter cet asile inconfortable, et nous
précipitâmes, les uns vers la bête, les autres vers notre valeureux chef.
Je vis le premier la blessure qu'il tentait de nous masquer : une plaie béante barrait son torse, sans
doute le fruit d'un coup de griffe du Grognard.
J'eus, je l'avoue, un haut de coeur en voyant les bords sanguinolent de la plaie, cette chair mise à vif,
déchiquetée pour le bon vouloir du destin.
Je crois que Pyair réagit le plus rapidement, alors que nous restions là, inquiets mais trop
abasourdis pour réagir, trop choqués pour bouger.
-Matyeu ! me hurla le chasseur. Donne-moi un bandage !
Il me fallut trois secondes avant réagir. Trois secondes de trop, durant lesquelles notre meneur se
vidait de son sang. J'ouvris enfin ma sacoche et en extirpa la bande de tissu moisie qu'il avait nommée
bandage. Je la lui lançai, il l'attrapa d'un geste agile et se mit immédiatement à l'oeuvre.
Nous sacrifiâmes une demi gourde d'eau pour nettoyer la blessure, mais Frensoit refusa cet effort.
-Vous savez très bien que ça ne sert à rien ! nous cracha-t-il au visage. Il va crever ! Personne n'a
survécu à une blessure d'un Grognard ! Et surtout pas en plein milieu des plaines !
-Il y a toujours une première fois ! répliqua Pyair. Et il vient de tuer un Grognard ! Il est là aussi le
premier !
Je savais que la mort de Juli'ain l'avait profondément marquée, et malgré le fait qu'ils avaient de
même âge, il considérait Jörge comme un père, un modèle, tant en raison de ses capacités que de son
caractère volontaire et courageux.
Je vis ses jointures blanchirent tandis qu'il serrait les poings au gré des mots de Frensoit.
-Vous ne comprenez rien ! vociférait-il. Il est comme mort ! Il ne survivra pas !
Je ne parvins pas à retenir Pyair à temps. Son coup cassa presque le nez de Frensoit.
Bihl avait eu le moyen de s'interposer, mais il n'en fit rien. Il ne supportait pas le défaitisme, et ne
pardonnait pas la réaction de Frensoit. Pour ma part, à ce moment là, j'étais trop assommé par les
événements pour m'interposer efficacement, et je pense que, sans vouloir l'admettre, je considérais Jörge
comme le symbole de cette expédition, un emblème que je refusais de voir voler aux éclats.
Quand Bihl sépara enfin les deux combattants, Frensoit avait le nez en sang, en plus de quelques
autres traces de coup, et son regard transmettait clairement la haine qu'il nous portait, tandis que Pyair avait
la lèvre inférieur fendue et jetait des regards noirs à l'homme qui avait osé faire preuve de lâcheté.
-Vous n'êtes qu'une bande de crétins trop optimistes ! hurla Frensoit. Une bande d'imbéciles
aveugles ! Cette expédition a perdu tout son sens dès la mort de Juli'ain !
Il haleta quelques temps, l'air prêt à se ruer sur nous, puis, subitement, parut se relâcher et se
fatiguer.
-Je m'en vais, poursuivit-il d'un ton las. Je rentre. Je ne compte pas mourir pour une stupidité
pareille. Nous sommes le 25 octobre, c'est le deuxième jour d'expédition et nous ne sommes plus que cinq,
et très prochainement, quatre.
Je frémis sous le poids de ses paroles. J'avais perçu l'accent de vérité dans sa voix.
Il croyait en ce qu'il disait.
Et j'étais en train de me laisser convaincre.
La vérité s'imposa à mon esprit : nous allions mourir.
Comme s'ils avaient deviné mes pensées, Bihl posa sa main sur mon épaule, et Pyair se rangea à
mes côtés.
Chaleur.
Chaleur humaine.
Celle qu'un ami transmet.
Je clignai brusquement des yeux, concentrant tout mon esprit sur cette main sur mon épaule, et la
magie opéra, chassant mes pensées morbides.
Unis, nous survivrons.
Frensoit nous regarda longuement, les mâchoires crispées.
-Je vais sûrement mourir en tentant de retourner au village, poursuivit-il d'une voix calme. Mais en
voulant sauver ma peau, pas en essayant de réaliser les rêves d'un vieux gâteux.
Sur ces mots, il tourna les talons, son sac sur l'épaule.
Je me penchais, un peu lâchement, sur Jörge, et constatai avec effroi qu'il délirait, pris de fièvre,
alors que sa blessure n'avait de cesse de saigner. J'ignorais, et Bihl aussi, visiblement, que faire.
Désormais, avec du recul, je sais que Pyair avait bien réagi, et qu'il ne l'avait pas fait à la légère,
mais sur le coup, je restai horrifié.
Il s'approcha de notre chef et lui murmura quelques mots à l'oreille – que par la suite, il refusa de me
répéter – puis souleva la tête du meneur et la posa sur ses propres genoux.
À ce moment là, Jörge était livide, les lèvres bleutées et le visage baigné de sueur.
Quant à moi, j'étais sûr que Pyair allait pouvoir faire quelque chose, accomplir un miracle pour
sauver notre chef.
Le chasseur posa ses mains sur le cou de Jörge, délicatement, comme par peur de le blesser.
Je reconnus, avant même qu'il l'exécute, l'une des trois prises mortelles que nous nous devions tous
de connaître.
Jörge mourut ainsi, un sourire sur ses lèvres bleuies par la fièvre.
-Repose en paix, souffla Pyair.
Je ne gardai comme souvenir de ce qui suivit des mains écorchées et un couteau émoussé à force
d'avoir creuser la terre rocailleuse de la plaine.
Quant aux jours qui suivirent, ils ne sont pour moi qu'un mélange affreux de chagrin
incommensurable, de peur qui refusait de nous quitter, de manque de sommeil, de faim et d'un rationnement
perpétuel.
Pas un seul de nous n'avait osé pleurer devant les autres, craignant leur regard.
Nous avions marché, des jours entiers, n'osant pas dormir plus de quelques heures par nuit. Il
m'arrivait de me réveiller en hurlant, à la sortie d'un cauchemar dont je ne gardais aucun souvenir, si ce n'est
qu'une profonde terreur, présente jusque dans mon sommeil.
Je sais que j'avais longuement songé à tout type de sujet, mais une seule pensée reste dans ma
mémoire : celle qu'une fois, le chef, en nous parlant de l'Avant-Guerre, avait mentionné une fête de fin
d'octobre où les gens se déguisaient en monstres pour se faire peur. La première fois, j'en avais ri.
Désormais, je crois que je préfèrerai ça.
Je comptais méthodiquement les jours, et lorsque vint le 30 octobre, le sixième jour tant attendu,
nous guettâmes fébrilement l'horizon.
Tandis que la nuit tombait et que nous commencions à désespérer, une poignée de maisons apparu
au travers du brouillard.
Mon coeur loupa un battement et je levai les bras au ciel, les yeux baignés de larmes. En périphérie
de mon champ de vision, je vis Bihl se jeter à genoux et sangloter ouvertement, tandis que Pyair, plus
mesuré, murmurait des remerciements à je ne sais quelle entité et regardait ce village avec des étoiles dans
les yeux. Nous avions réussi.
Exténués, nous nous arrêtâmes pour dormir, remettant à contrecoeur au lendemain la rencontre
avec les habitants de ce village.
Je crois que pour la première fois depuis notre départ, tout le monde parvint à dormir paisiblement,
si bien qu'à notre réveil, le soleil était déjà au plus haut de sa course.
Après avoir rapidement avalé une gorgée d'eau et un peu de nourriture, nous nous mîmes en route
vers le but de notre expédition, qui n'était plus qu'à une dizaine de minutes de marche.
L'entrée du village était marqué par une ouverture dans la palissade qui l'entourait, en lieu et place
d'une porte. Je la franchis, mes deux compagnons sur les talons, avec un silence respectueux, et une
pensée à nos morts.
À ma grande surprise, tous les bâtiments de ce village était en bois, relativement solide. Nous
déambulâmes quelques temps entre les cabanes, puis je pris conscience que quelque chose clochait : nous
n'avions vu personne, et aucun villageois n'était venu à notre rencontre.
Soudain, le village me parut sombre, et les maisons qui nous entouraient, menaçantes.
Je fis part de ma pensée à Bihl et Pyair, mais ils paraissaient confiant.
-Ils se sont sûrement cachés, fit Bihl. Réfléchis : tu n'as vu personne depuis trente ans, et
subitement, trois humains entre dans ton village. Tu ne sais rien de ce qu'ils veulent. Tu leur sauterais
dessus en les couvrant de cadeaux, toi ?
-C'est sûr, renchérit Pyair. Ils sont cachés, et ne sortiront que lorsqu'ils seront certains de nos
intentions.
Un bruit se fit entendre. Un craquement de bois, pour être exact.
Je les reconnus une fraction de seconde avant le cri de Pyair.
-Des Hurleurs !
Ils jaillissaient des toits, d'entre les maisons, de là où auraient pu sortir de simples villageois.
Ces énormes homme-loup au pelage brun terreux nous sautèrent dessus, babines retroussées,
dévoilant deux énormes canines. Ils devaient être une quinzaine. Plus peut-être.
-Courrez ! nous hurla Pyair.
Ce que nous fîmes, à en perdre haleine. Malgré tout, la maigre avance que nous avions pu prendre
en nous enfuyant immédiatement, à leur grande surprise, ne cessait de se rétrécir.
Pyair s'arrêta net et fit face aux monstres.
-Non !
J'eus beau m'époumoner, rien n'y fit, il ne bougea pas.
C'est ainsi que Pyair mourut, pour notre salut.
Je claquai la porte du cabanon derrière moi, et aidai Bihl à placer deux énormes madriers en travers
pour la bloquer solidement.
Avec nos dernières allumettes et du bois qui trainait, j'allumai un feu, car la maison ne comportait
aucune ouverture pour laisser filtrer la lumière.
Je me tournai vers mon ami, et m'aperçus qu'il s'était fait griffer au bras. Il m'assura tout d'abord que
ce n'était rien, mais céda devant mon insistance, et me laissa le panser.
Au fil du temps, notre terreur augmenta. On entendait le bruit des Hurleurs qui furetaient à la
recherche de notre odeur, ponctué de brefs hurlements.
Je finis malgré tout par fermer les yeux et somnoler quelques heures.
Quand je les rouvrit, Bihl était debout, au-dessus de moi, et me regardai avec un drôle de sourire.
Une légende prétend que quiconque est blessé par un Hurleur, pour un peu que ce dernier ne le
dévore pas, se transforme à son tour en Hurleur.
Désormais, je sais que c'est vrai.
Je suis terré dans un coin de la pièce, les mains tremblantes et l'air ahuri. Je fixe le cadavre de mon
ami, mon propre couteau planté dans son coeur.
Son visage. Je ne dois pas oublier son visage.
Je les entends. Ils sont tout autour de la maison. Désormais, ils grognent et grattent contre la porte.
Je songe à Pyair. Est-il parmi eux ?
Peut-être qu'ils sont tous les habitants de ce village.
Douce ironie... se faire piéger dans le village qui devait nous sauver, et mourir entre les griffes de
ces villageois dont ont espérait de l'aide.
Maintenant, ils cognent contre la porte.
Elle ne tiendra plus longtemps, et moi, je suis toujours dans mon coin, à fixer le visage de mon ami,
pour en garder une trace au delà même de la vie.
J'ai peur du noir, Bihl ! J'ai besoin de toi !
Oh Bihl ! J'aurais dû te laisser me tuer ! Peut-être aurions nous été ensemble ?
Je ne veux pas mourir maintenant, Bihl ! Pas sans voir le prochain mois !
La porte a explosé...
FIN
Spoiler:

Nusenism a écrit:« Quand votre esprit vous invente une peur, il n’y a rien à faire pour vous en sortir… »

« Une peur extérieure, et on trouve dans nos pensées le courage de l’affronter ou de l’oublier.
Mais si la peur vient de nos pensées, où ira-t-on chercher ce courage ? »



Quand sonne le glas


Je m’appelle Jack Landers, et si vous lisez cette histoire, c’est certainement qu’elle est ressortie du scan de mon cerveau lors de l’autopsie, car je puis vous assurer ne l’avoir jamais rédiger.

Aujourd’hui, nous sommes le 31 octobre. Ce qui signifie que des mioches masqués vont venir sonner chez moi pour quémander des sucreries en tout genres, avec leurs masques hideux et leur naïveté dégoutante.
Je hais Halloween. Depuis tout petit. Je me retrouvais au milieu de tous ces enfants déguisés, et je voyais l’horreur partout. Leurs masques qui les faisaient rire étaient effrayants.
A présent, j’ai 38 ans. Mais je redoute toujours cette nuit. Je n’ouvrirais pas lorsque les sales gamins vont sonner.
Il fait jour, mais la peur m’envahit déjà. Une voix dans ma tête résonne, mais elle est encore trop faible pour que je l’entende vraiment. Elle murmure, des choses incompréhensibles, mais ce que l’on ne comprend pas, c’est ce qui nous effraie. Je lui dis de se taire mais je me sens idiot. Me voila en train de discuter avec mon subconscient.
Les secondes passent lentement, et tandis que je scrute la fenêtre, craignant d’y voir apparaître un de ces cauchemars masqués, on s’adresse à moi.
« On est nerveux, Jack ? »
Je me retourne subitement, cherchant partout autour de moi la provenance de cette voix.
« Qui êtes-vous ? Où êtes-vous ? »
La voix ricane à m’en faire vibrer les tympans.
« Tu ne te reconnais pas toi-même, Jacky ? Ah ! Ah ! Ah ! Très nerveux oui ! »
Me voila encore à dialoguer avec moi-même, à voix haute pour répondre à ma pensée.
Maintenant qu’on y est, peu importe, autant continuer, peut-être que tout s’arrangera…
« _Je ne suis pas nerveux, ce ne sont que des enfants déguisés et je le sais !
_Alors, pourquoi tu surveilles autant ta fenêtre ? Et pourquoi ne leur ouvriras-tu pas ? Hein Jacky ?
_Je… je n’en ai pas envie, mais je sais qu’ils ne sont pas dangereux.
_Tu le sais, ou tu essaies de t’en persuader ?
_Qu’est-ce que tu racontes, comment des enfants innocents pourraient-il me nuire ?
_Je ne sais pas, mais peut-être qu’ils pourraient. Est-ce vraiment de l’innocence sous ces masques ? Toi tu étais innocent, mais tu n’aimais pas les masques, tu n’en mettais jamais. Mais eux, toutes ces horreurs les font rires, c’est… malsain, non ? »
Me voila encore plus mal. Subconscient de m**** ! J’étais resté ce temps à dialoguer en scrutant la fenêtre, et voici que la nuit est tombée.
J’entends un gong et je sursaute. En me retournant dans l’obscurité de la pièce, je me rends compte que ce n’est que ma pendule. Mais la voix en rajoute :
« Quant sonne le glas… me dit-elle. »
C’est vrai, il n’y a eu qu’un seul gong ?
Pourquoi ? Il est pourtant 21h. Put*** je suis en train de m’effrayer tout seul.
Je vais allumer la lumière, il fait trop sombre. Je sens l’autre moi se tordre d’un rire sadique.
« Tu crois qu’une ampoule 60Watts suffira à te sauver la vie ? »
Je me surprends à crier.
« MA VIE N’EST PAS EN DANGER !!! »
La voix rie de plus belle, et manque de s’étouffer lorsque la sonnerie retentit.
Elle tousse, puis me dit :
« Tiens, c’est la mort qui vient t’apporter une lettre. »
C’est faux, je le sais. Ce sont les enfants. Je n’ouvrirais pas, ils vont repartir à la maison d’à côté et ce sera fini.
« Ils ne partiront pas Jacky, tu as allumé la lumière, un coup d’œil à la fenêtre et ils sauront que tu es là !
Merde ! J’avais oublié !!
Je cours à l’interrupteur et j’éteints.
La sonnerie retentit à nouveau. Je suis dos au mur, collé dans un coin, haletant, comme si un tueur tentait de crocheter ma serrure. Les voix proviennent de la porte.
« Des bonbons ou un sort ! Des bonbons ou un sort ! »
Mon esprit s’embrume, et les voix changent, elles semblent plus nombreuses, plus graves.
« Des bonbons ou la mort. La Mort ! »
Mes yeux s’écarquillent. Puis plus rien. Pas un bruit. Plus de sonnerie. Pas de cris. Ils sont partis ?
Je me décolle du mur et tente quelques pas silencieux. Alors, à la lueur d’un lampadaire, une ombre masquée surgit à ma fenêtre, les deux pommes posées sur les carreaux. Le visage déformé m’observe. M’a-t-il vu ? J’ai l’impression que ses deux grosses orbites vides m’ont passé au scanner pendant plusieurs minutes, mais ça n’a duré quel quelques secondes.
L’horrible masque disparaît aussi vite qu’il est apparu.
« Voila, il t’a vu. Et il reviendra. C’est ton reflet que tu as vu dans cette vitre, ton visage après qu’ils soient venus te chercher, Jacky ! »
C’est quoi se délire ! Je cours vers l’interrupteur et je l’actionne ! Comment ? Pourquoi ça ne s’allume pas ! Je vais au disjoncteur et je fais bouger tous les boutons. Rien !
« Haha ! Je crois qu’on va rester dans le noir ! C’est plus dans l’ambiance ! Hé ! Hé ! Hé ! ricane la voix. »
Elle a raison, je n’ai pas d’ampoule pour remplacer celle-là et elle a du griller. Mais je peux aller dans une autre pièce. Suis-je bête.
J’allume la cuisine. Rien. L’escalier. Non plus. Je monte à la salle de bain, dans ma chambre ! Rien de s’allume. Nulle part. Dehors, le vent s’est levé. Il souffle tel un râle. Les feuilles d’automne virevoltent et donne à l’extérieur un aspect tout aussi terrifiant. Dans les maisons alentours, aucune lumière allumée, aucun signe de vie. Que se passe-t-il ?
« Mais c’est l’innocence Jacky. Les enfants innocents dont tu parles. Ils ont fait sonner le glas. Ils t’ont plongé dans les ténèbres. »
C’est vrai, ils me l’avaient dit : ‘Des bonbons ou la mort.’
Pourquoi ne leur ai-je pas ouvert ! Idiot que je suis !
« S’ils reviennent, je leur donnerais tous ce que j’ai au placard ! me dis-je.
La voix semble en désapprobation.
« C’est trop tard mon pote. Tu les as contrariés, ils ne veulent plus de sucreries. Les démons sont réveillés. »
Je tremble et tremble encore. Je m’assoies sur mon lit et je compte les secondes jusqu’à demain. 22h. 23h. 23h30. Je m’assoupis. Mes rêves sont peuplés de cauchemars, et je ne sais pas si je me les imagine en étant endormi ou éveillé. J’ouvre les yeux un peu après minuit. Le grenier grince.
La voix me parle de nouveau.
« Ce ne sont pas les rats, Jacky. »
Je regarde partout, craignant de voir surgir un mal à tout instant. Je bondis au plafond en entendant les volets grincer. Puis les portes. A la salle de bain, le robinet se met à goutter. Plop…… Plop……Plop ! C’est trop ! Mais ce n’est pas fini. La petite horloge sur ma table de chevet qui fait tic-tac, tout le temps, en rythme. C’est insupportable. Ma fenêtre, vieillotte, laisse passer l’air par en-dessous l’air et un courant froid vient frotter mes cheveux. La lumière qui transite entre les volets entrebâillés dessine des ombres mouvantes sur le mur face à moi, et j’y décerne mille visages.
Ma main se resserre sur le couteau de cuisine posé à côté de moi sur mon lit. Mais !!?? Que fait ce couteau ici !? Quand ai-je pris un couteau.
« Mais tout à l’heure, quand tu courais partout dans la maison pour allumer la lumière, et que tu as visité la cuisine, Jacky. Je sentais que tu avais peur de monter à l’étage, alors je t’ai fait prendre une arme, pour te défendre. »
Impossible, je ne m’en souviens pas…
« Et j’avais raison, regarde, ils sont là, ils viennent pour toi. »
Je lève les yeux, trois gosses, les bras le long du corps, debout face à moi. Leur masque est retiré, mais leur yeux sont tout blancs, vides, inexpressifs. Je serre plus fort le couteau et me met en garde. Mais… où est-il ? Ou est le couteau ? Je panique. L’enfant du centre, lève les deux bras à hauteur de son visage. Il tient à deux mains le couteau, plus grand que sa tête. En dessous de ses yeux toujours vides, un sourire maudit se dessine sur son visage enfantin. Je vais mourir. Je hure.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRGHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!

Le lendemain, je hurlais encore, avec une voix déchirée. Plus jamais mes cordes vocales ne seraient les mêmes. Ça a alerté les voisins, qui ont accouru.
J’ai fini en hôpital psychiatrique pendant deux mois. Ils n’ont rien pu faire pour moi. S’apercevant que j’avais l’air d’être revenu à moi et d’être à peu prêt sain d’esprit, ils n’avaient plus de raisons de me garder, et je peux rentrer chez moi. Le temps passe encore.

Aujourd’hui, nous sommes le 30 octobre. Demain, ça fera un an.
La pendule de mon salon sonne les douze coups de minuit, mais je n’en entends qu’un. Et déjà, la voix se réveille. Elle me murmure, mais je l’entends cette fois-ci.
« C’est le glas, me susurre-t-elle. »
Ça va recommencer. Et je ne peux rien y faire. Je dois prendre une décision. Si votre tourment provient du plus profond de votre subconscient, il n’y a plus qu’une chose à faire : arrêter de penser.
Alors, adieu…

Fin.

Spoiler:

@TTT a écrit:[Avant toute chose : ce texte est un extrait du carnet de bord du personnage. Je ne vous en dis pas plus ^^]

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Jour 11 - 29/10.

Onzième jour en enfer. Voilà onze jours que je vis dehors. Onze jours que ma maison a pris feu. C'est bien la peine d'habiter en forêt, je regrette maintenant d'avoir acheté cette demeure en plein bois ; les pyromanes se font une joie d'allumer ces vieilles maisons... Onze jours que la mienne a été prise d'assaut par le feu.
Je n'ai pu sauver qu'un petit nombre d'affaires, dont ce carnet sur lequel j'écris mes mésaventures depuis ce bien triste jour. Dommage que la panique m'ait fait oublié ma carte de crédit et mon argent. Je n'ai plus rien. Je suis seul. Dehors. En ce 29 octobre, me voilà seul, dehors, sans demeure, sans rien. Si j'avais des amis, j'aurais pu les contacter pour qu'ils m'hébergent. S'il restait des membres de ma famille en vie, peut-être me comprendraient-ils. Non. Il n'en reste aucun. Tous sont morts. Même mes parents. Surtout mes parents. Surtout eux... Il faut dire que leur mort a été très mystérieuse. Bref. Après cette journée éprouvante à mourir de froid, je pense qu'il est temps pour moi d'aller dormir.



Jour 12 - 30/10.

Un jour de plus dehors. Cette nuit a été très mouvementée. Je n'ai presque pas dormi. Je n'ai cessé de faire des rêves étranges, où je voyais mes parents. Devant une maison. Une grande maison, perdue dans les bois. Une maison sinistre. Une maison sombre. Affreuse. Horrible. Terrifiante.

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Mes parents aussi étaient terrifiants dans ce rêve, ils étaient ternes, dépourvus de vie, leurs visages étaient tout aussi sombres, pâles, n'affichaient aucune émotion...
Toutefois, cette demeure me rappelait un vague souvenir. Un souvenir lointain. Oui. J'ai déjà vu cette maison par le passé. Peut-être même y suis-je entré. Je ne m'en rappelle pas. Peut-être ce souvenir est-il trop lointain. Ou peut-être ce souvenir n'existe-t-il pas réellement. Peut-être a-t-il été créé de toutes pièces par mon désespoir. Qu'importe, il me faut une demeure où passer l'hiver, quelle qu'elle puisse être.



Jour 13 - 31/10.

Et de treize. Je ne suis pas superstitieux. Mais pourtant, il y a de quoi. J'ai encore fait des rêves étranges. Des rêves lugubres... Le treizième jour. Le 31 octobre ; jour où l'on célèbre Halloween, me semble-t-il.
Les rêves de cette nuit étaient assez terrifiants. Je revoyais mes parents. Ils me guidaient vers la maison de la nuit d'hier. Ils marchaient, lentement, inexorablement à travers la forêt, avec ce même air sombre, sinistre, ce même visage pâle, impassible. Je les suivais, sans même me demander pourquoi. Sans même me rendre compte que je marchais. Mes jambes semblaient marcher d'elles-mêmes, toutes seules. Jusqu'à arriver devant la fameuse habitation. Qui semblait d'ailleurs habitée puisqu'on y voyait depuis l'extérieur des salles allumées à l'intérieur. Tout était si réaliste. D'ailleurs, le chemin emprunté par mes parents partait de ma maison, celle... celle qui a pris feu.
Je me demande où ce chemin mènerait... dans la réalité. Je pense être capable de le suivre, son souvenir reste assez net ; tout comme celui des visages de mes parents...

C'est décidé : je vais suivre cet itinéraire. Dieu seul sait où je vais atterrir, mais qu'importe ; je n'ai plus rien à perdre maintenant.



Jour 14 - 01/11.

Quatorzième jour. Sans doute le plus incroyable. Le chemin indiqué dans mon rêve précédent menait bien... à l'étrange demeure. Elle est là, se dresse devant moi à l'heure où j'écris ces mots. Elle est... encore plus terrifiante que dans mon songe. Cependant aucune lumière n'est allumée. Pire encore. Il doit être aux alentours de seize heure. Et il fait déjà presque nuit. Je peine d'ailleurs à savoir où j'écris tant j'y vois peu clair.


Je suis entré. Bizarrement, j'ai l'impression que je connais déjà cet endroit. Voilà une bien vieille demeure : tout y est poussiéreux, j''ai même failli me faire écraser par un lustre tombé du plafond en entrant. Vieille demeure certes, mais il y fait assez chaud. L'ambiance de la maison est cependant glaciale : elle est décorée, mais chacun des élément est plus sinistre que les autres : les chandeliers, les portraits qui semblent vous suivre du regard, la verrerie parfaitement nettoyée semble avoir été utilisée récemment, on prêterait presque vie à cet immense lieu désert.
Je ne suis d'ailleurs pas si sûr qu'il soit désert ; j'ai sans cesse l'impression d'être épié, espionné, je vois même des ombres bouger. Peut-être est-ce seulement mon imagination qui se joue de moi. Qu'importe, il me faut me reposer : ce fauteuil fera l'affaire.



Jour 15 - 02/11.

Quinzième jour. Ou plutôt, quatorzième nuit.
Impossible de dormir. Les grincements du plancher de l'étage d'au-dessus me terrifient. Le bruit du souffle du vent sur les arbre à l'extérieur me glace littéralement. Les quelques rayons de lumière provenant de la lune éclairent les portraits en leur donnant un air encore plus maléfique.


Quinzième jour, au matin.
J'ai finalement fermé l'œil quelques heures. Impossible de dire précisément combien de temps j'ai dormi mais je pense m'être suffisamment reposé. Au réveil, j'ai constaté que quelques verres (disposés soigneusement dans l'armoire non loin du fauteuil où j'ai passé la nuit) ont été brisés. J'en suis certain, ils étaient intacts hier. Voilà qui est là encore bien étrange.
Il fait jour dehors mais la demeure reste tout aussi lugubre qu'hier soir, et je n'ai aucun moyen d'allumer une des innombrables bougies qui siègent sur la table. Autant explorer la maison.

Quinzième jour, au soir.
Après avoir passé toute la demeure au peigne fin, je n'y ai trouvé aucune trace de vie. Pas même une souris.
Toutefois, les bougies de la pièce où j'ai passé la nuit semblent avoir été allumées. Une l'est d'ailleurs encore. A côté... est posé un bout de papier où il est écrit quelque chose... Mais il semble avoir été brûlé.
C'en est trop, je pense qu'il faut partir d'ici, il se passe de trop mystérieuses de choses pour que je reste ici. J'aviserai demain.



Jour 16 - 03/11.

Seizième jour. C'est décidé. Je pars. Maintenant. Les rêves de cette nuit ont été encore lugubres... Même sanglants. Je voyais mon père, tel qu'il était dans mes autres rêves encore, se dresser devant moi, un couteau à la main, et... Stop. Je pars. Maintenant.





J'écris ce dernier mot avec mon sang... Je ne sais pas ce qui m'est arrivé... Me voilà... par terre... Les rêves... Mon père... Le couteau... Je ne sais pas ce qui m'arr


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Spoiler:

Darksmile a écrit:


Traumatisme


Les événements que je vais ici vous narrer se sont déroulés dans une ville que je garderai sous l’anonymat, au cours de l’année 2007. Tout commença le 4 octobre. Ma famille et moi, Timoty, venions d’emménager dans une maison à l’orée d’un grand boisé et nous devions sortir toutes les caisses du camion, jusqu’à la toute dernière. À l’intérieur, plein d’objets qu’il ne serait point pertinent d’énumérer. Bref, nous forcions nos biceps acquis au cours de notre adolescence, mon frère Jim et moi, afin que notre vie soit comblée dans notre nouvelle demeure. L’habitation étant charmante et la taille répondait amplement à nos besoins. Les nuages recouvraient le ciel de l’après-midi, sans toutefois relâcher la moindre goutte de pluie sur nos têtes. La température était adéquate pour des activités extérieures et le vent soufflait avec modération dans les branches des grands feuillus.

Tout en transportant une boîte de carton chargée de marchandises en tout genre, je ne cessais de poser mon regard sur le boisé, à quelque cent pas derrière la maison. Je scrutais les espaces entre les larges troncs des érables et des chênes qui poussaient là-bas et je ne pouvais point détacher mes yeux de cette sombre forêt qui, m’avait-on dit, s’étendait jusqu’au grand lac, à quelques kilomètres de là, sans être coupée par quelque colline que ce soit à nul endroit sur toute sa surface. Je crus y apercevoir des formes se mouvant lentement entre les arbres. J’y prêtais une attention particulière, sans réellement savoir pourquoi. Après tout, ce ne devait être que des enfants jouant au ballon. Mes parents ne remarquaient pas ces ombres, mon frère non plus. Je devais être fatigué après une journée si chargée, je devais à tout prix me reposer. À la fin de cette journée, tout fut installé. Ma réelle vie dans cette maison commençait officiellement, par nulle autre activité que l’observation, à travers la fenêtre de ma chambre, des sombres formes, qui continuaient de bouger, même la nuit.

Le 27 octobre, j’aidais ma mère à décorer ma maison pour l’Halloween, comme nous le faisions à chaque année. J’adorais cette fête : les déguisements, les sourires sur les visages d’enfants heureux et choyés d’obtenir tant de bonbons, les citrouilles sculptées, le chocolat, etc. J’avais alors complètement oublié l’épisode avec les ombres dans la forêt, je ne m’occupais plus de ce boisé depuis. L’école occupait la majorité de mon temps et je consacrais le reste à la rédaction d’histoire fantastiques que j’avais bien l’intention de publier un beau jour. Cette matinée me rappela la 4 octobre, alors que j’aperçus à nouveau des mouvements entre les grands troncs. Je fis part de cette curieuse observation à ma mère, qui ne put que constater la validité de mes dires. Elle affirma qu’il y avait de nombreux jeunes enfants dans le quartier et qu’ils devaient passer le clair de leur temps à s’amuser dans ce bois. Je ne parlai toutefois pas du fait que les ombres continuaient à se manifester tard le soir. Une étrange peur m’assaillait, sans que je ne sache réellement pourquoi. En apercevant à nouveau une ombre, un frisson me traversa l’échine. Je devais à tout prix arrêter de fixer cette forêt.

Trois jours plus tard, le 30 octobre, mon frère Jim et moi partîmes acheter, à la dernière minute pour cause de pure procrastination, nos costumes pour le lendemain. Il était en train de choisir un costume dans la section la plus terrifiante quand je vis un déguisement parfait pour moi : une simple cape noire et un drap foncé masquant mon visage. Je serais ainsi tel une ombre sans visage et sans émotion. Tout à coup, je fus pris de tremblements et d’horreur : pourquoi me déguiser comme ces formes dansantes dans la forêt ? Non, c’était, tout compte fait, une très mauvaise idée. J’allais essayer autre chose dans la rangée des costumes plus conventionnels quand Jim, me prenant pour une réelle poule mouillée, me convint d’acheter la cape noire et le masque de soie. Tout compte fait, je n’allais que faire peur aux jeunes enfants avec un tel accoutrement, ce qui était, selon moi, une facette de l’Halloween. De plus, le costume était un des moins chers, puisque très simple. Nous avions décidé, nous sortîmes donc.

Le lendemain, quand le soleil se cacha derrière les maisons de la colline, à l’ouest de chez moi, je débutai la préparation de cette tournée des maisons, qui devait s’avérer très prometteuse dans ce secteur. Bien des habitations revêtaient une apparence digne des plus grandes maisons hantées du domaine cinématographique. Du côté des costumes des passants, la variété y était, ces derniers passant du plus extravagants des clowns au plus inquiétants des squelettes. Je sortis, en compagnie de mon grand frère, afin d’effectuer un itinéraire que nous avions préalablement tracé sur une carte. La récolte fut excellente, bien plus que ce que nous aurions pu imaginer. Nous eûmes traumatisé quelques pauvres enfants, dans la plus grande des politesses, et scandé « Joyeux Halloween » au plus de gens possible.

Après avoir parcouru plusieurs rues, une pause semblait nécessaire. Nous nous assîmes sur un banc avant de comprendre que nous étions revenus sur notre rue de résidence, la rue Nile. Le ciel était maintenant d’un calme noir et les étoiles n’étaient que peu visibles à travers une mince couche nuageuse. Les citrouilles ornées de chandelles et les réverbères étaient les uniques sources de lumière. Nous profitâmes de l’occasion afin de consommer quelques unes de nos friandises, en évitant l’excès. Pour jouer des tours aux jeunes filles et aux jeunes garçons se rendant au lac, de l’autre côté de la forêt qui longeait la rue, nous décidâmes de nous y rendre également. Sur un mouvement du bras afin d’essuyer une tâche de chocolat sur le rebord de ma lèvre inférieure, je me levai et je suivis mon frère et son ami, un certain Jefferson.

Les arbres étaient imposants autour de nous. Les branches, semblables à de longues mains squelettiques, convenaient parfaitement à cette ambiance d’Halloween. Je me dis que, décidément, il fallait exploiter ce grand boisé l’année prochaine, y installer une attraction, telle une forêt maudite, afin d’effrayer les jeunes gens. Quand les citrouilles illuminées ne furent plus visibles, seule ma lampe de poche put nous éclairer convenablement dans cet environnement. Le déguisement de zombie de mon frère Jim parut ridicule au milieu de cette étrange atmosphère, tout à coup. Autant que le costume de tueur en série de Jefferson. La peur me traversait sans que je ne sache pourquoi. Je demandai à mon frère si nous pouvions rentrer, car il se faisait tard. Il me regarda comme si j’étais interné dans un asile, éclata de rire et me demanda de le suivre jusqu’au lac. Il me dit que nous allions être rentrés avant minuit, comme exigé par nos parents, mais j’avais un étrange pressentiment quant à cette forêt.

Soudain, je les vis brièvement. Puis encore. Puis une troisième fois. Une terrible nausée me tordit l’estomac.

Les ombres bougeaient le long des larges troncs des érables et des chênes. On ne pouvait distinguer ce qui créait ces ombrages sur le bois, ce qui m’inquiétait au plus haut point. Horrifié, je fus pris de tremblements et une goutte de sueur froide me glissa le long du dos. J’étais déguisé en une entité aussi sombre que ces terrifiantes formes. Et si elles me repéraient comme étant un des leurs ? Je voulus avertir Jim, mais il n’était plus là. Lui et Jefferson avaient continué leur chemin sans remarquer que je ne les avais pas suivis. J’avais totalement oublié les terrifiantes choses qui rôdaient dans cette forêt en y entrant, il y a quelques minutes. Il ne s’agissait effectivement pas de simples enfants jouant au ballon. Une sensation de mort imminente me traversa l’esprit. Il fallait que je coure.

Je pris mes jambes à mon cou, en tentant d’éviter une chute en raison de mon long costume. En posant mon regard sur ma gauche, je vis qu’une des ombres suivait mon mouvement à la même vitesse que moi, le long des troncs. Ma vision s’embrouillait dans mes larmes de peur et j’étais de plus en plus convaincu que mon heure approchait à grands pas. Je crus entendre le grave tintement d’une lointaine cloche, mais je ne puis savoir si ceci était le simple fruit de mon imagination et de ma peur ou un réel son. La forêt s’assombrissait au fil de ma course entre les arbres et elle me semblait interminable. Le noir m’enveloppa si durement que je fus forcé de m’avouer vaincu par cette force occulte. Je tombai brutalement au sol, perdant ainsi toute la volonté nécessaire pour continuer.

Une grande ombre, visible sur le tronc près de mon visage, s’avançait dans ma direction et semblait tendre une main vers moi. Il ne fallait pas qu’elle me considère comme l’un des leur. À tout prix, il fallait que je me relève. Mais c’était peine perdue. Quand la longue main dépourvue de chair se dévoila sous son vrai jour, je compris que tout cela n’était pas un rêve, que c’était la réalité, depuis le début. Mon passé semblait disparaître de ma jeune mémoire, comme s’il n’avait jamais existé. Je ne voyais plus que ces longues mains qui m’agrippaient de toutes parts pour éviter que je ne quitte cet endroit. Tout me parut maintenant évident et clair comme du cristal.

Je ne me suis jamais appelé Timoty. Mon vrai nom ne m’a jamais été annoncé, pas même soufflé. Je ne suis qu’une âme en peine qui n’a jamais passé, ni vécu un seul Halloween, comme vous auriez pu le croire. Je vis dans un monde peur et de crainte, un enfer personnel, tel une sombre bulle. Je n’ai jamais eu de frère nommé Jim, je n’ai jamais déménagé. Je n’ai été qu’attiré vers un meilleur univers pour une entité telle que moi par de généreuses âmes, qui n’ont trouvé meilleur moyen de m’amener à eux que par la création d’un tout nouvel univers. Le destin que l’on m’a inventé n’a pu que faciliter mon transfert, comme mon costume, qui a permis aux ombres de me repérer. Cette peur a donc été nécessaire et m’a aidé à me rendre vers une portion d’une sombre dimension que je n’aurais jamais imaginée.

Je suis dans un monde sans année, sans fête et sans société. Je suis un spectre depuis toujours et à jamais.

Bonne lecture !

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TTT
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Post-it Re: Votes du concours de scénario/histoire à thème n°1

le Mer 17 Nov 2010 - 16:12
Petite précision : il n'y a pas d'erreur à la fin de mon texte : juste que le mec meurt avant de finir d'écrire sa phrase Votes du concours de scénario/histoire à thème n°1   522164
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Post-it Re: Votes du concours de scénario/histoire à thème n°1

le Mer 17 Nov 2010 - 21:18
en tout cas,
Félicitation à tous les participants pour ces belles histoires.

et n'oubliez pas, votez pour la mienne (premier texte) :p
Naël
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Post-it Re: Votes du concours de scénario/histoire à thème n°1

le Jeu 18 Nov 2010 - 18:54
Quant à moi, je tiens à préciser ( sans vouloir offenser Elisa ) que ma mise en page était meilleure Very Happy
en même temps, comme j'ai envoyé au format pdf, je vais me taire...

Sinon, bravo à tous, et bonne chance !
je n'encouragerai personne à voter pour moi, mais si vous pouviez...^^
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Post-it Re: Votes du concours de scénario/histoire à thème n°1

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