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Leinelec
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RPG Maker MV La Mort en Désespoir

le Mar 24 Avr 2018 - 13:19
Bonjour,

Fraichement débarqué, je vais tenter de présenter (c'est un bien grand mot) mon premier projet.
Je n'ai encore eu de conseils de personne, donc peut-être qu'il y aura pas mal de chose à dire...
Pas encore de démo à proposer, même si dans les faits c'est possible... Faudrait d'abord que je teste de A à Z ce que j'ai fait pour le moment.

Bref, on commence par l'absence d'écran titre (^^)


Informations

Titre : La Mort en Désespoir (provisoire)
Type de jeu : RPG
Logiciel : RPG Maker MV
Créateur(s) : Moi (^^)
Année : 2018


Avant propos

Il s'agit de l'adaptation d'un roman que j'ai écrit, et que j'écris encore. L'histoire est supposée compter 3 tomes, chacun découpé en chapitre. Le troisième est en cours d'écriture, et donc le scénario, qui sert de base ici, est bouclé. Au même titre que le livre, le jeu (enfin ce qu'il en est) est pour le moment découpé en chapitre, mais ils seront inévitablement découpés différemment. A voir si ça reste pertinent.
Pour le moment, le jeu comporte quatre chapitres, le quatrième n'étant pas encore complet. Ils font, dans le jeu, office d'introduction.
A part pour quelques tilesets, je n'ai utilisé que les ressources de base, faute de moyens et de talents (^^)
Scénario

Je préfère le dire d'emblée, je suis nul pour faire des résumés, donc , il ne faut pas s'attendre à des merveilles. C'est parti !

Pendant des siècles, parmi les démons de toujours, le monde fut soumis à cinq Nephilim, des créatures redoutables qui répandaient leurs maux. Chacune incarnait un sentiment : Tristesse, Colère, Jalousie, Peur et Désespoir. S’opposaient à elles les Séraphim (pluriel de Séraph ^^), des hommes dotés de grands pouvoirs, les seuls capables de les combattre. Ces ennemis naturels étaient liés par la Règle de Un, qui stipule que pour chaque Nephilim, un nouveau Séraph naitra. Au fil du temps, les générations de Séraphim se succédèrent sans succès. Un jour pourtant, l’un d’eux, Rovel, parvint mystérieusement à l’emporter sur les créatures, et le monde recouvra la paix…

Douze ans après la mort des Nephilim, Ash, un homme au passé obscur, se lance à la recherche d’une dague susceptible de lever une malédiction qui l’afflige. Il retrouve dans ce but le confident de Rovel, mourant, le seul en mesure de l’aider dans sa quête. Du moins, il le croyait. Le vieillard est incapable de répondre à ses questions et l’incite à rechercher Jerael, fils de Rovel en prétendant qu’il pourrait l’aider.

Récemment éveillé à ses pouvoirs de Séraph, signe qu’un nouveau Nephilim rôde, Jerael, un jeune homme un brin naïf, part pour la Forêt de Galdr, une île où chaque Séraph est tenu de se rendre. Des rencontres parfois amicales, d’autres fois hostiles, jalonneront sa route, jusqu'à sa rencontre avec Ash...
Les personnages

Ressources de base utilisées là aussi...

Ash



Âge : Inconnu.
Citation favorite : "Les monstres n'existent pas"
Qualités : Intelligent, patient, puissant, et la capacité à faire rimer ses qualités (^^)
Son but : Il recherche une dague capable de lever une malédiction qui l'afflige


Jerael



Âge : Bientôt 20 ans (de mémoire ^^)
Citation favorite : "Hein ?" (^^)
Passe-temps : Rêvasser (^^)
Qualités : Pas facile d'en trouver (^^). Honnête. Volontaire.
Son but : Abattre le Nephilim pour lequel il se serait éveillé à ses pouvoirs de Séraph.

Haras



Âge : La cinquantaine bien passée.
Citation favorite : "Balivernes !"
Qualités : Courageux. Fidèle.
Son but : Prisonnier d'un navire parmi les esclaves, il sera sauvé par Jerael et décidera de lui venir en aide

J'envisage un quatrième personnage, qui n'existe pas dans mon histoire, et qui pourrait être un démon. A voir s'il a un intérêt pour le gameplay.


Le Gameplay

Pas grand chose à dire (^^)
Je n'ai pas encore pris le temps d'appréhender toutes les possibilités.
Ce que je peux dire, c'est qu'il s'agira vraisemblablement d'un RPG classique, au tour par tour, même si j'aimerais bien y apporter un petit plus, pour plus de dynamisme ou de surprise. Le démon (que j'envisage d'ajouter) pourrait peut-être apporter quelque chose au système. A voir.
Pour le moment, les combats se contentent du strict minimum. Ils sont fonctionnels, avec des ennemis à peu près calibrés pour me permettre de tester, mais c'est tout.
Bref, il reste beaucoup à faire, mais il faut aussi que je vois dans quelle direction je peux aller. Je ne sais pas trop ce qui est à ma portée, donc à voir.

Je ne suis pas encore certain d'introduire un système d'équipement. Seul l'avenir le dira.
Concernant l'apprentissage des compétences, là aussi je suis en phase de réflexion. Il ne fait en revanche aucun doute que certaines seront annexes et accessibles moyennant quelques efforts, tandis que d'autres se débloqueront ou bien en fonction du niveau, ou bien de la progression de l'histoire.
L’organisation

Là aussi beaucoup de choses restent à faire.
Simplement, l'introduction du jeu se déroule sur les quatre premiers chapitres, sur des cartes où il sera impossible de revenir.
Celles qui suivront seront reliées les unes aux autres, avec possibilités d'y revenir à tout moment, et donc il faudra que l'intérêt soit réel pour cela.
Concrètement, il n'y aura qu'une grande ville, qui concentrera une grande part d'activité annexe (j'espère être inspiré au moment de la réaliser ^^), et une poignée de plus petites qui comporteront malgré tout quelques interactions avec les PNJ, pour quelques petites quêtes qui permettraient de développer l'univers du jeu : s'agissant de l'adaptation d'un roman, énormément de la narration, et donc des informations, n'est pas présente. Ce serait l'occasion d'approfondir l'histoire du monde et la découverte de quelques créatures ou lieux.

Le choix de pouvoir sauvegarder à tout moment est déjà figé. A voir si ce sera le cas en donjon aussi, je ne sais pas. Surtout que je suis déjà confronté à une difficulté. Ayant testé le jeu exporté, je me suis rendu compte qu'il était parfois impossible de sauvegarder la partie. Je n'ai pas encore mis le doigt sur la raison, mais je n'ai pas non plus trop cherché. Il faut que je m'y attèle.

A côté de ça, un cycle jour/nuit sera instauré à chaque repos, et peut-être un système météo. A voir là aussi.

Bref, beaucoup de choses sont à étudier. Je l'avoue, pour le moment je me suis plutôt concentré sur la création des premières maps et l'intégration du scénario, qui demande quand même une adaptation conséquente.
Les screens

Quelques screens de chaque carte ou presque. Quelques éléments ont été retouchés depuis les captures et d'autres le seront encore.

Spoiler:
Première carte du jeu, qui lance directement le joueur dans le bain.


Premier intérieur visité, en désordre. C'est une maison que l'on trouve à l'issue de la première carte.


Petite scène qui introduit Jerael (ce n'est pas lui qui parle ^^) avec défilement auto de la carte.


Un combat, le premier de Jerael, face à un Démalin. Très classique dans les apparences, encore beaucoup de travail.


On peut dormir auprès du feu pour passer en journée (ou en nuit s'il fait jour) et récupérer de la vie. Rien de bien novateur. Le pont est potentiellement à revoir (^^)


Introduction du système de cueillette (les fleurs blanches).


Intérieur de la maison/auberge, que l'on voit juste au-dessus. Quelques petits évènements avec les PNJ, sans grande incidence. En toute honnêteté, c'était surtout pour me faire la main, mais j'espère que certains prêteront à sourire. Déconseillé au moins de 16 ans pour l'un d'eux peut être (^^)


Morthomb, une "ancienne" ville pas joyeuse qui a une histoire, et qui sera détaillée un peu plus tard.


Intérieur Morthomb


Le même, illuminé.


Un petit sous-sol ou j'aurais sans doute des choses à revoir. On y active un interrupteur pour accéder à un donjon (prochaine carte à créer)


Un intérieur.


Un extérieur (^^)

La dernière carte (pour le moment). On commence en bas à gauche avec Jerael qui emprunte un chemin. On poursuit en bas à droite avec Ash, et les deux se retrouvent à mi chemin.

Spoiler:





Crédits :

Ressources :

Dainiri.Art
Enterbrain
Indrah
Kadokawa
NuraRay
Pandamaru
コミュ将 / Communauté Masaru (intérieur horreur)
Terrax
XxJapoZeroxX Herbes/fleur
Yanfly

Et merci d'avoir jeté un oeil !


Dernière édition par Leinelec le Jeu 3 Mai 2018 - 11:36, édité 1 fois
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Symphotang
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RPG Maker MV Re: La Mort en Désespoir

le Mar 24 Avr 2018 - 20:42
Pour un premier projet, ça a l'air vachement sympa !

Les screens sont jolies avec des effets et des éclairages... :o
En tout cas, j'attends bien de voir ce que l'histoire donnera en jeu.
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Yamashi
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RPG Maker MV Re: La Mort en Désespoir

le Mer 25 Avr 2018 - 0:50
Je dirais qu'il y a un potentiel à tirer, donc vas-y fonce!
Pour l'histoire, sachant que c'est une adaptation de ton roman, j'imagine que ce petit résumé ne suffit pas pour se faire une réelle idée, mais nous pouvons déjà voir qu'un certain travail a été apporté à l'histoire.

Après, j'ai aussi envie de te dire, pour les quêtes secondaires, il ne faut pas trop y réfléchir tout de suite, c'est quelque chose qui se met en place une fois la trame principale achevée. Et aussi, je sais pas si tu l'as prévu, mais pour donner de l'intérêt à des lieux, il ne suffit pas que de mettre des quêtes annexes (parce que tu fini les quêtes, ok, mais après tu ne reviendras plus :3 ), mais tu peux aussi prévoir des objets/plantes endémiques à tel endroit, qui peuvent servir pour tel autre endroit (par exemple dans Zelda BOTW, tu ne peux trouver les herbes glagla que dans les régions glaciales, et ses dites herbes peuvent être très pratique si tu veux arpenter le Désert Gerudo).
Après, as-tu prévu des utilité pour ton système jour/nuit? Si non, tu peux faire des objets que tu ne trouve que la nuit, ou des ennemis qui pop qu'à certains moment de la journée.

Je reviens vite fait sur certains screens. Dans tes intérieurs, on peut souvent voir des caisses empilées qui font 2 cases de haut, alors que tes murs ne font que un de haut. Va aussi falloir corriger :3 .

Bref, je te souhaite une bonne continuation Smile .
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Leinelec
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RPG Maker MV Re: La Mort en Désespoir

le Mer 25 Avr 2018 - 11:10
Plop !

@Symphotang a écrit:Pour un premier projet, ça a l'air vachement sympa !

Les screens sont jolies avec des effets et des éclairages... :o
En tout cas, j'attends bien de voir ce que l'histoire donnera en jeu.
Merci !
Faut encore que je me penche sur les lumières, mais je voudrais aussi mettre des ombres au sol. Je n'ai pas encore essayé, mais à mon avis c'est plus coton (^^)
J'espère aussi que ça rendra bien. C'est un peu la base du jeu, donc si ça prend pas... (^^)

@Yamashi a écrit:Pour l'histoire, sachant que c'est une adaptation de ton roman, j'imagine que ce petit résumé ne suffit pas pour se faire une réelle idée, mais nous pouvons déjà voir qu'un certain travail a été apporté à l'histoire.
En réalité le résumé est trompeur puisqu'il laisse présager une lutte classique bien contre mal. Alors évidemment, on conserve toujours un peu cette notion de temps à autre (le "mal" étant mal pour ceux qui pensent faire le bien, et inversement), mais en fait on en est loin. Et même le "mal" ne fait pas le mal gratuitement. Il y a toujours une raison.
Cette première partie (ou premier tome) est plus un parcours initiatique qu'autre chose pour Jerael. Et ce n'est qu'à la fin du tome 1 que l'aventure prend un autre tournant.

@Yamashi a écrit:Après, as-tu prévu des utilité pour ton système jour/nuit? Si non, tu peux faire des objets que tu ne trouve que la nuit, ou des ennemis qui pop qu'à certains moment de la journée.
Est-ce que je l'ai prévu, oui et non (^^)
Oui, parce que j'avais envie d'en faire quelque chose. Non, parce que je n'avais rien décidé encore. Mais effectivement, les ennemis c'est possible.
Je pensais (pour le moment) à un objet également. Dans le jeu, je ne pense pas introduire de sort "vie", et les objets pour ressusciter en combat (car je pense remettre à 1 vie le personnage mort à l'issue d'un combat) seront rares eux aussi et se trouveront auprès des morts... (^^)
J'ai introduis ça à Morthomb où on "visite" une tombe d'un soldat (qui n'est plus qu'un squelette ^^) tombé au combat face aux Nephilim lors d'une grande bataille (à l'issue, du coup, pas joyeuse), et qui nous remet l'objet. A nous (aux joueurs) de chercher les autres éparpillés dans le monde.
C'est encore à l'étude bien sûr.

@Yamashi a écrit:Dans tes intérieurs, on peut souvent voir des caisses empilées qui font 2 cases de haut, alors que tes murs ne font que un de haut. Va aussi falloir corriger :3 .
Celui dans la grotte avait déjà été corrigé. Dans la maison par contre, je n'avais pas vu (^^)

@Yamashi a écrit:Bref, je te souhaite une bonne continuation Smile .

Merci ^^
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Delta
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RPG Maker MV Re: La Mort en Désespoir

le Mer 25 Avr 2018 - 15:06
La présentation est sympa. L'histoire semble prenante, les personnalités semblent bien diversifiées et sympa et j'aime beaucoup les screens. Je suivrai ton projet. Smile
Bonne continuation. Smile
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Leinelec
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RPG Maker MV Re: La Mort en Désespoir

le Ven 27 Avr 2018 - 22:20
Merci ^^

J'ai testé rapidement ce que j'ai fait jusqu'à maintenant, en corrigeant quelques babioles au passage, pour tenter de proposer une démo.
Par contre, toujours impossible de sauvegarder sur certaines cartes... Je ne sais pas pourquoi. C'est plutôt dérangeant, même pour la démo, puisque certaines cartes peuvent prendre un petit peu de temps... ^^

EDIT : Finalement j'ai trouvé la solution par élimination. Le problème venait d'évènements en parallèle avec des déplacements de PNJ (et animaux). Pour certains déplacements, il devait "attendre la fin", ce qui, apparemment, rendait donc les sauvegardes impossible. Maintenant que j'ai trouvé, reste à passer les cartes en revue pour résoudre ça, et ce sera bon.
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Delta
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RPG Maker MV Re: La Mort en Désespoir

le Sam 28 Avr 2018 - 0:47
Sinon il existe un plugin pour ça. Il s'appelle OrangecircularJson

Lien ici. https://raw.githubusercontent.com/Hudell/mv-plugins/master/OrangeCircularJson.js

Si tu veux demain je te ferai un rar du js c'est un problème récurrent de MV avec ça dans ton projet plus de risque du moindre bug et t'auras pas à te retaper toutes les maps.
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Leinelec
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RPG Maker MV Re: La Mort en Désespoir

le Sam 28 Avr 2018 - 20:39
Merci, j'y jetterais un oeil à l'occasion.
Pour ce coup-ci, comme je n'ai pas beaucoup de maps, j'ai pu finir assez vite les modifications.

Et donc, maintenant qu'il est possible de sauvegarder (^^), je suis en mesure de proposer une démo.

Les détails


  • Il faut, je pense, environ 1h30 pour la parcourir. Elle s'arrête au premier donjon, qui est toujours en chantier.

  • Je précise que les combats sont présents, mais pas calibrés au plus juste en terme de difficulté (des avis seraient bienvenus d'ailleurs), de même que les possibilités sont restreintes.
    C'est une partie à laquelle je ne me suis pas encore attelée. De même que les objets, pour certains, ont encore des intitulés de base. Je pense par exemple à "Eau magique" pour récupérer des MP. Ils sont peu nombreux également. J'ai mis les essentiels.

  • Sur la dernière map, chapitre 4, Ash prendra trois niveaux supplémentaires automatiquement, de même que 2 eaux magiques viendront s'ajouter à l'inventaire. Je pense que les ajouts (provisoires) sont nécessaires pour faire la map sereinement.

  • Comme je l'ai dit plus haut, le jeu lance le joueur directement dans le bain. Je compte toutefois tenter un petit texte en guise d'introduction, voire même un prologue où on commencerait le jeu avec Jerael. Là dessus aussi, si quelqu'un essaye, il faudrait me dire si c'est trop brusque.

  • A noter qu'il n'y a pas d'écran titre de travaillé, pas de menu travaillé, et pas de crédit. Je renvois sur le premier post pour les ressources utilisées.


C'est une version "brute", sans enrobage en somme. J'ai surtout essayer de faire quelque chose au niveau des maps, des sons. Et pendant que j'y pense, il y a très peu de musiques, puisque je ne dispose que des musiques de base. Je ne me suis pas trop penché dessus là aussi. Bref... (^^)

Sans plus attendre, voici les trois liens pour les trois versions, même si je ne sais pas si ça change fondamentalement quelque chose :
Je tiens à signaler une petite scène optionnelle qui peut choquer les plus sensibles... (^^)

Windows :
https://mega.nz/#!pf4ghZjI!PMXO9Nauvc_p10DPY_pbrzL4rWQFSF0_voZEjWcgtdI

Mac :
https://mega.nz/#!pbgE2JQT!B7EmVtjd_-tXDPv8Rts-bs-jY1RMR5EY3k_5LqxcjW8

Linux :
https://mega.nz/#!9OAHnTTJ!x6TzHGzPBpJdIXFx7jbtaTyVfSAMKef3BlS7E-buUrE

Merci !
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Thornful
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RPG Maker MV Re: La Mort en Désespoir

le Mar 15 Mai 2018 - 17:52
Où peut-on lire l’œuvre originale ?
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Leinelec
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RPG Maker MV Re: La Mort en Désespoir

le Mer 16 Mai 2018 - 11:49
Bonjour,

Sur mon PC (^^)

Je peux mettre les trois premiers chapitres ici, qui correspondent en gros à ce qui est présent sur la démo, si jamais toi, ou quelqu'un, as envie de les lire. Et peut être même de les comparer à la démo, ce pourrait être amusant. Mais il faut avoir l'envie de les lire (il doit y en avoir pour environ 30 minutes) et d'essayer la démo... (^^)

A noter qu'il reste de la relecture pour peaufiner le tout, mais l'essentiel est là et ne devrait pas trop bouger.
Bonne (peut être ^^) lecture !

Chapitre 1
Spoiler:

Chapitre 1: Ash…

Sous un ciel triste, une haute silhouette cheminait au cœur de la forêt, de ce qu’il en subsistait. Les arbres morts balayés par le vent gémissaient sinistrement, leurs branches nues remuaient, craquaient. L’odeur nauséabonde qui se dégageait des fossés, des terriers, des mares, de la terre couverte de fourrures grignotées par le temps devenait insoutenable.
Pourtant, il continuait. Il avançait toujours, guidé par la même obsession. Les feuilles sèches crépitaient sous ses pas légers. Le vert qui aurait dû recouvrir les arbres habillait son regard. Son visage pâle n’exprimait rien d’autre que la détermination. Deux ans après s’être lancé à sa recherche, il était sur le point de le trouver. Celui qui pourrait répondre à ses questions. Mais on l’avait devancé, la forêt en témoignait.
Il s’arrêta soudain au milieu du chemin bordé des reliefs de la vie. Sa cape de voyage au col relevé, impeccable, lisse et aussi noire que ses cheveux se plaqua dans son dos. Le vent avait cessé. Les arbres turent leur peine. Le calme régnait au cœur de la forêt, plus morte que jamais.
Il apercevait devant lui un vaste terrain nu. Aucun arbre ne l’habitait. Aucune mare, aucune bâtisse, pas même le cadavre d’un animal, pourtant légion autour de lui. Intrigué, il pencha la tête sur la droite et fronça les sourcils, comme s’il essayait de voir quelque chose qui n’était pas là. Puis il l’inclina sur la gauche, et enfin il esquissa un sourire.
— Je me doutais bien que j’avais été devancé… Mais sincèrement, je ne pensais pas que vous auriez l’audace d’attendre ma venue.
L’arbre sur sa droite fut pris de tremblements. À sa gauche également. Derrière aussi. De tous les côtés. Les plaintes recommencèrent de plus belle, tandis que des formes sombres semblables à des ombres s’extirpaient des écorces et des nœuds. Les griffes jaillissaient, les membres fins, les corps et les têtes difformes. Les créatures s’arrachaient à leurs cachettes. Certaines, minuscules, lui arrivaient tout juste au niveau du genou, d’autres se tenaient à hauteur de ses yeux, et une poignée s’élevait au-delà des branches. Malgré ces différences, toutes se ressemblaient terriblement, biscornues, à l’image des arbres qu’elles avaient quittés.
— Des Tréants… Que peut bien pousser des parasites comme vous à se dresser sur mon chemin ?
Impatient, l’homme fit un geste désinvolte de la main, la gauche, noire, aux doigts effilés et crochus, puis reprit sa route sans crainte. Les Tréants se jetèrent sauvagement sur lui, leurs fines extrémités tendues pour l’empaler. En l’espace d’un instant, leurs corps furent traversés, transpercés, déchirés : les arbres s’étaient courbés, leurs branches allongées, torsadées. Ils battaient l’air avec violence, se mouvaient dans une danse folle et meurtrière. Les démons impuissants s’écroulèrent un à un sans pouvoir l’atteindre. Un dernier, le plus grand de tous, tremblant de fureur, se tenait encore debout sur son dernier membre. Il faisait face à l’homme parfaitement stoïque. Dans un souffle sinistre, les branches des arbres se croisèrent et déchiquetèrent la créature. Le sang sombre du monstre caressa le visage de l’homme.
Il s’essuya d’un revers de la manche et, sans un froncement de sourcils, poursuivit sa route vers le terrain nu. Il tendit le bras devant lui, la main grande ouverte plaquée sur une barrière invisible. Il sentit naître sous sa paume une chaleur diffuse à mesure qu’il la pressait de toutes ses forces. Ses doigts crochus la brisèrent et s’enfoncèrent au travers. D’innombrables fissures apparurent face à lui, dans le néant. Elles se faufilaient de chaque côté de sa main et continuaient de courir sur la surface qui se craquelait, poussait une plainte stridente. Puis d’un simple mouvement, il la balaya. Le rempart dérobé céda et révéla dans sa crevasse un havre de paix violé.
Derrière, comme au travers d’une fenêtre, apparaissait une demeure. À vue d’œil, elle ne présentait aucune valeur. La pierre et le bois qui la composaient, envahis de plantes grimpantes, n’avaient rien de luxueux, et surtout, elle était délabrée. Elle paraissait ancienne, et les arbres majestueux et pleins de vigueur qui l’accompagnaient devaient l’être plus encore. Mais son piteux état ne devait rien au temps.
L’homme pénétra à l’intérieur de la barrière, accueilli par des chants d’oiseaux. Ses pieds s’appuyaient à présent sur une herbe luxuriante. Il avança vers le domaine et contourna un petit puits au milieu du chemin, presque disparu sous l’épaisse végétation, qu’il effleura des doigts. Il était rentré dans une minuscule bulle débordante de vie au cœur d’une forêt éteinte. Le dôme qui la protégeait se désagrégeait à son sommet, accablé par une force considérable et mystérieuse.
Mais malgré toute la vie qui s’exprimait, la mort y occupait aussi une place. Les coupables qui avaient réduit en ruine la demeure gisaient au sol. Encore des Tréants, une poignée auxquels il n’accorda aucune importance.
Il arriva devant la porte d’entrée entrebâillée et dégondée, et la poussa délicatement. Elle frotta et crissa sur le vieux parquet poussiéreux. À l’intérieur, le désordre régnait. Quelqu’un avait livré bataille entre ces murs. Les fauteuils étaient renversés, les bibliothèques écroulées. Des livres jonchaient le sol, des cadres pendaient de travers aux murs. Un grand miroir avait été brisé. Une table basse avait également cédé, les quatre pieds séparés de son plateau fracassé.
Son espoir s’amenuisait. Il ne s’attarda pas davantage et grimpa les escaliers qui lui faisaient face. Chacune des marches en bois grinçait sous ses pas. À l’étage, il arpenta un minuscule couloir encadré de trois portes. Il ignora celles de chaque côté, et se dirigea vers celle du fond, certain de ce qu’il allait y trouver. Il la poussa, dévoilant une chambre méconnaissable au désordre identique au reste de la maison. La poussière brillait dans les rais du soleil.
Une différence toutefois se manifestait très nettement. Un homme, les yeux clos, un fin filet de sang aux lèvres, reposait au sol. D’épais sourcils broussailleux garnissaient son front et se mêlaient à ses cheveux. Il s’avança prestement vers lui et s’accroupit à ses côtés avant de lui soutenir la tête. Il semblait mort depuis peu, tout espoir n’était pas perdu. Il posa sa main gauche sur la poitrine inerte et enfonça l’extrémité de ses doigts dans la chair. Le corps émit un râle guttural, et immédiatement il souleva ses paupières. Ses iris bleus et clairs contrastaient avec l’obscurité au fond de ses yeux.
— Je ne vous ai ramené que peu de temps… Me reconnaissez-vous, vieil homme ?
L’homme ne répondit pas tout de suite. Il regardait tout autour de lui, prenant petit à petit conscience de la situation. Il posa à son tour sa propre main sur sa poitrine. Rien. Son cœur ne battait pas et son corps ne dégageait aucune chaleur.
— Ma magie ne soigne pas, vous le savez bien.
— A… Ash… Ash… bégaya l’ancien.
— Oui, c’est bien moi. J’ai mis du temps à vous trouver. Vous étiez bien caché, mais pas assez, de toute évidence. J’aurais préféré être le premier à vous atteindre.
— De mon vivant, je ne l’aurais sans doute jamais dit, mais je ne pensais pas un jour être soulagé de vous voir.
— Nous n’avons jamais été très proches, il est vrai… Mais savez-vous au moins pourquoi je suis encore là ? Rovel n’a pas honoré sa parole.
— Je ne sais pas tout de ses secrets…
— Thorbath… Vous le connaissiez depuis toujours, mieux que quiconque. Vous étiez son gardien des secrets. Vous étiez là, vous aussi. Vous devez savoir pourquoi je suis ici. Ne me dites pas que je suis venu pour rien…
— Non…
— Alors qu’en a-t-il fait ? Où l’a-t-il dissimulée avant sa fin ? demanda Ash, le cœur fébrile.
Le vieillard ne répondit pas, le visage grave.
— Votre silence ne sauvera personne. Malgré cette trahison, mes intentions sont les mêmes.
De ses yeux qui n’étaient plus vraiment les siens, Thorbath sonda le regard d’Ash. Il n’y décela aucun mensonge, comme cela avait toujours été le cas, mais fut étonné d’y percevoir des sentiments contradictoires qui ne l’habitaient pas autrefois.
— Je l’ignore, confia-t-il finalement.
Ash soupira, déçu mais pas en colère.
— Vous avez changé, reprit Thorbath. Vos yeux ne mentent pas.
— Épargnez-moi les inepties d’un vieil homme mort.
L’obscurité qui habitait le fond de ses yeux s’estompait. Il repartait déjà.
— Puis-je vous demander une faveur ? tenta le vieil homme.
— Êtes-vous à ce point désespéré ?
— Retrouvez Jerael.
— Jerael ?
— Il s’est éveillé en même temps que vous, deux ans auparavant.
— À la mort du dernier Séraph.
— Il est parti sur les traces d’un Nephilim…
— Qui n’existe plus.
— Oui… Mais heureusement, il s’en est allé pour la Forêt de Galdr, sans quoi, lui aussi serait mort à l’heure qu’il est.
— Pourquoi devrais-je m’encombrer de cet initié ?
— Les Tréants, les esprits malins… Il en apparaît de partout. Ils s’agitent. La mort de cette forêt… Quelque chose est en train de se produire. Vous devez le percevoir mieux que quiconque. Vous êtes le dernier apte à guider Jerael.
— Moi ? Auriez-vous oublié qui je suis ?
— Ça, non. Jamais.
Ash releva la tête pour regarder par la fenêtre et laisser ses pensées s’évader.
— Les temps sont étrangement troublés, c’est un fait. Pour autant, je ne pense pas être le plus à même de l’aider.
— Peut-être saura-t-il répondre à certaines de vos questions…
Ash se tut. Il doutait sincèrement que ce Jerael puisse lui apprendre quoi que ce soit que Thorbath lui-même ignorait.
— Ayez foi en Rovel, reprit l’ancien. Il comprenait mieux que personne ce qui restait invisible aux autres.
— Je lui ai déjà fait confiance une fois, et voyez où j’en suis…
L’homme ne répondit pas, le visage figé. Ses yeux grands ouverts ne voyaient plus.
— Je ne suis guère plus avancé…
Il laissa retomber la tête du mort sans ménagement et se releva, contrarié. Il regardait autour de lui, en vain, il le savait. Hormis des livres sur la magie et les démons, il n’y avait rien ici susceptible de lui servir. Il redescendit les escaliers avec le sentiment d’être venu pour rien. Alors qu’il se dirigeait vers la porte d’entrée, quelque chose craqua sous son pied. Le petit cadre en bois d’une vieille peinture représentant deux jeunes hommes, l’un très grand et l’autre frêle, tomba en morceau. Ash se baissa et ramassa la toile pour l’examiner. Il afficha un sourire désolé lorsqu’il reconnut les deux visages joyeux qui lui riaient au nez. Finalement, sans même savoir pourquoi, il l’enroula et l’emporta avec lui.
Il passa la porte et s’arrêta sur son pas. Il poussa un profond soupir, glissant calmement la main dans ses cheveux pour réfléchir. Ils ondulaient au vent avec légèreté, virevoltaient dans son cou et devant ses yeux.
Quelle piste lui restait-il à présent ? Il avait espéré tellement plus en venant ici. Il ressortait avec un simple nom et une destination. Jerael, un nouveau Séraph certainement trop jeune pour pouvoir prétendre l’être. Les seuls hommes en mesure de défaire un Nephilim. Mais des Nephilim tels qu’ils existaient autrefois, il n’y en avait plus. Devait-il le retrouver et se rendre à la Forêt de Galdr ? Il y avait pénétré une seule fois jusqu’à aujourd’hui, des années auparavant, et malgré la nécessité de sa présence, on l’y avait accueilli bien froidement. Si ce détail lui avait échappé à l’époque, cela apparaissait d’une clarté évidente à présent.
Il tourna la tête vers la demeure vide de toute âme. Finalement, il se baissa et s’empara d’une poignée de terre foulée par celui qu’il allait rechercher, et la jeta en l’air.
— Tu as gagné, vieil homme. J’exaucerai ta dernière volonté, dans l’espoir qu’elle comblera la mienne. Je trouverai Jerael.
À l’instant même où il prononça ce nom, le nuage épars de terre se resserra et s’éloigna, suivant un chemin tout tracé qu’emprunta Ash à son tour.

Chapitre 2
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Chapitre 2 : Le bon perdant

Les sabots des chevaux martelaient le sol. Les roues de la carriole grinçaient sur le chemin de terre bosselé jonché de flaques. Il la partageait avec trois inconnus qui s’adonnaient à un jeu qu’il ne connaissait pas. À la lueur d’une lanterne ballotée, les joueurs, sourcils froncés, maniaient habilement de fines cartes en bois. Le jeune homme, paresseusement allongé sur la paille, les observait tandis qu’eux-mêmes lui jetaient des regards en coin, l’air mécontent. Le fait qu’il refusât leur invitation à cette partie devait y être pour quelque chose.
— Ha ! J’ai gagné ! lança l’un des joueurs, le crâne grisonnant et légèrement dégarni.
Il laissa retomber ses cartes et se redressa sur ses deux jambes, l’une plus petite que l’autre, les bras tendus vers le toit de tissu qui leur épargnait la pluie battante de la nuit.
— Tu aurais dû jouer et faire équipe avec moi, Jerael !
— Tu n’as rien gagné du tout ! répliqua l’un des perdants. Je t’ai vu, tu as triché, Wilef !
Wilef ouvrit grand sa bouche étirée en un sourire, prêt à rendre la défaite de ses deux compères plus cuisante encore. Il se ravisa subitement lorsqu’un hurlement inhumain déchira sa joie.
La carriole trembla. Dans un choc, elle bascula vers l’avant et s’arrêta. L’homme chancela. Le bruit des sabots foulant la terre détrempée s’évapora sous couvert de brefs hennissements. Un cri terrifiant résonna et une ombre menaçante surgit dans l’obscurité. Un bras noir doté de trois articulations et d’autant de doigts perça la toile sur le côté, perforant en même temps le ventre du vainqueur. Deux autres membres identiques surgirent sur les flancs de Wilef, le fantôme de son dernier sourire aux lèvres. Ils l’embarquèrent tout en arrachant la charpie de tissu, tandis que ses deux compagnons de voyage hurlaient toute leur peur et tremblaient de tous leurs membres.
En un éclair, la créature à la peau lisse et terne, haute comme trois hommes, porta le malheureux gagnant à sa gueule difforme qu’elle ouvrit tout entière. Un effroyable tube en jaillit avant de se déployer, révélant une cavité sans fond et d’innombrables dents implantées sur toute sa surface. À l’aide de ses bras fins mais puissants, elle pressa sa proie, lui faisant craquer ses os et perdre toute forme humaine, puis l’y enfonça de force. L’instrument de mort se referma sur le cadavre et se contracta dans un sens puis dans l’autre, broyant le corps, réduisant le squelette à l’état de poudre, et les chairs en liquide avant de regagner les profondeurs de sa gueule.
Effaré, secoué d’un frisson d’horreur, Jerael s’était levé. Les deux joueurs épouvantés tentèrent de l’imiter mais ne parvinrent qu’à ramper faiblement, les membres tétanisés par la peur. Le jeune Séraph se précipita sur la créature et empoigna le manche de l’épée qui dépassait derrière son dos. Trop tard.
Le monstre fléchit ses trois pattes longilignes, bondit et retomba sur la carriole. De deux de ses bras, il plia et écrasa le véhicule en même temps que ses occupants, dans un épais nuage de sang. Avec son troisième, il plaqua brutalement Jerael au sol. Celui-ci sentit ses os se briser sous le choc, pénétrer ses chairs et ses organes, ses fluides quitter son corps. Il se débattait, luttait, criait. Il remuait, se tortillait, gémissait. Comment en était-il arrivé là ? Jamais il ne s’était imaginé finir ainsi. Parti pour combattre un Nephilim, il avait pris la route depuis seulement quelques jours, et déjà elle touchait à sa fin.
Le monstre se pencha au-dessus de lui et le renifla bruyamment, à défaut de le regarder. Il ne possédait pas d’yeux sur sa tête repoussante aussi sombre que ses membres. Il déploya de nouveau l’horreur, puis, dans un râle, se jeta sur sa proie.
***
— Aïe !
Jerael s’était réveillé en sursaut en se cognant la tête sur un tonneau.
— Allons bon, le petit jeune fait encore des siennes, releva Wilef, six cartes de bois dans la main.
La respiration saccadée, le front en sueur et les mains moites, le Séraph se redressa légèrement sur son tas de paille, dont certains brins lui garnissaient les cheveux. Il se massa distraitement le crâne. Ses yeux fixaient le néant. Il tendait l’oreille tandis que ses voisins lui lançaient des mots auxquels il ne prêtait aucune attention. La carriole avançait sur la route trempée, mais il ne pleuvait pas. Aucun déluge. Aucune ombre ni aucun cri.
— Le voilà perdu dans ses pensées maintenant… se désola Alan.
— Il a pas plutôt perdu la tête ? s’interrogea Nabot.
— C’est d’accord, j’accepte, dit simplement Jerael.
Les trois hommes se regardèrent sans comprendre sa pensée, et en doutant même qu’il s’adressât à eux.
— Mais tu parles de quoi ? demanda Wilef.
— Vous m’avez demandé si je voulais jouer. C’est le cas.
Les trois joueurs le dévisagèrent un moment avant de se lancer à chacun de vagues hochements de tête pour décider de ce qu’ils devaient faire. Effectivement, ils lui avaient proposé de se joindre à eux, mais plusieurs heures auparavant. Nabot souleva mollement les épaules, lui procurant quelques précieux centimètres supplémentaires, et Alan fit la moue.
— Mais je me joins à vous seulement si vous me laissez votre place, Wilef.
Une fois encore, le trio se contenta de se regarder sans rien comprendre, puis Wilef se leva.
— T’es un sacré hurluberlu, toi alors.
L’homme se décala sur le côté, abandonnant sa place sans trop savoir pourquoi. À son tour, Jerael se releva et secoua vigoureusement la tête pour faire tomber la paille de ses cheveux. Il s’empara de son épée reposant au creux de son fourreau. D’ordinaire, elle ne quittait jamais son dos, mais il s’en était défait pour dormir. Il prit la place qu’occupait Wilef un instant auparavant et la posa à côté de lui, à portée de main.
— Holà ! s’exclama Nabot. Pas besoin de ça ! J’ai déjà vu ce que pouvait donner une arme entre les mains d’un perdant.
— N’ayez aucune inquiétude, je suis bon perdant !
— Mais je ne…
— Ho, tu vas te taire un peu ! s’emporta Wilef. Oublie cette épée, prends tes cartes, et joue !
Contrarié, mais pas au point d’abandonner le jeu, Nabot se tut et reprit ses cartes. Jerael fit de même et attrapa les six qu’Alan lui tendait. Il fronça les sourcils et les observa attentivement. Certaines étaient ornées de ronds, d’autres de carrés, et quelques-unes de triangles, à chaque fois en quantité différente.
— Ç’aurait été amusant s’il y avait eu des croix !
Les trois autres échangèrent discrètement un regard songeur.
— Oui… Eh bien, à toi ! l’encouragea Wilef avec qui il faisait équipe.
La pluie commença à tomber.
D’une main sûre, Jerael s’empara d’une carte dotée de trois triangles et la posa sur le demi-tonneau qui faisait office de table. Une fois encore, les trois hommes l’observèrent avec une totale incompréhension. Si un léger sourire se dessinait sur les visages de Nabot et Alan qui faisaient équipe, Wilef, lui, n’appréciait pas ce jeu et le fit savoir d’un regard noir. Les choses ne s’arrangèrent pas après quelques tours. Nabot et Alan ne cachèrent plus leur contentement devant l’incompétence du partenaire de Wilef, qui laissa finalement éclater sa colère.
— Mais qu’est-ce qui te prend ? Tu ne sais pas jouer ou quoi ?
— Eh bien non, je ne sais pas, répondit Jerael avec un sourire amusé.
Wilef le dévisageait intensément. Comment pouvait-il oser lui sourire de la sorte alors qu’il l’entraînait dans sa perte ? Ses joues déjà légèrement violacées viraient au rouge.
— Ha ha, je suis désolé, s’excusa Jerael, sans se départir de son sourire.
La pluie tomba dru.
— Mais il se moque de moi ! tonna Wilef.
L’homme se leva, les bras tendus vers le toit de tissu qui les épargnait de la pluie battante. Jerael s’empara de son épée, et immédiatement le joueur mécontent se ravisa.
— Doucement ! Doucement ! On va pas s’entretuer pour un jeu !
Soudain, la carriole trembla. Dans un choc, elle bascula vers l’avant et s’arrêta. Wilef chancela. Le bruit des sabots foulant la terre détrempée s’évapora sous couvert de brefs hennissements. Un cri terrifiant résonna et une ombre menaçante surgit dans l’obscurité. Jerael se baissa. Un bras noir doté de trois articulations et d’autant de doigts perça la toile sur le côté, là où se tenait sa tête un instant auparavant. En un éclair, le jeune Séraph dégaina son épée. La lame sombre emporta d’un mouvement le bras de la créature. Déversant un sang noir, le monstre poussa un hurlement strident et recula lourdement sur ses trois pattes, semblables à ses bras.
Les trois joueurs se tassèrent dans le fond de la carriole, tout autant incapables d’agir que de crier. La bête revint à la charge et abattit ses deux autres membres de chaque côté du véhicule dont la toile se déchira. Jerael lui faisait face, l’épée dans une main et le fourreau dans une autre, tandis qu’elle ouvrait largement sa gueule, prête à déployer l’horreur qu’elle abritait.
— Ha non, pas cette fois !
Le sourire aux lèvres, le Séraph frotta sa lame sur une pièce métallique qui cerclait son fourreau de part en part. Des étincelles jaillirent et s’éparpillèrent. Il souffla dessus avec légèreté, et aussitôt elles se transformèrent en un torrent de flammes, galopant sur la sinistre créature, s’engouffrant dans sa gueule et dansant sur ses membres. Il rengaina son épée. La bête recula, tituba, battit son corps et sa tête de ses bras pour faire taire le feu.
— Ne bougez pas ! lança joyeusement Jerael aux trois autres.
Il sauta de la carriole, dans la boue, et accourut vers le monstre qui se débattait des flammes. Malgré la pluie abondante, elles gagnaient en intensité. La bête tomba au sol, et Jerael, la mine soudain sinistre, arriva à ses côtés menacé par ses cris. Le signe de sa fin.
— J’abhorre infliger des souffrances, même à la plus vile des créatures. Pardon.
Il dégaina de nouveau son épée, et la pluie autour de lui cessa. La chaleur de la lame était telle qu’aucune goutte ne l’atteignait : elles se changeaient instantanément en vapeur. Le fer rougeoyait, comme chauffé par le feu. Il l’abattit sur le long cou du monstre en détresse. Aucune goutte de sang ne vint se mêler à l’eau maculant la terre. La coupure était nette et franche, jusque dans le sol que la lame avait traversé en même temps. Jerael fit regagner le fourreau à son épée, et immédiatement les flammes s’évanouirent.
Il contempla tristement la créature, glissa son arme en bandoulière et s’en alla vers ses compagnons de voyage et de jeu, abasourdis et consternés. L’averse passa aussi vite qu’elle s’était manifestée. Wilef, Alan, et Nabot se redressèrent tant bien que mal dans les ruines de leur véhicule, dont les chevaux gisaient à l’avant. Jerael récupéra son baluchon, puis croisa ses bras sur le rebord de la carriole pour y reposer mollement sa tête.
— Savez-vous quelle direction emprunter pour rejoindre la Forêt de Galdr ? Je n’ai pas vraiment le sens de l’orientation.
Aucune réponse. Les trois paires d’yeux se contentaient de dévisager le monstre, puis Jerael. De revenir à l’un et l’autre inlassablement.
— Alors, savez-vous…
— Mais qu’est-ce que c’est que cette horreur ? s’emporta Nabot.
— Mmmh ? Ha… C’est un Trimor. Enfin, c’était… Alors, pour la Forêt de…
— Un Trimor… Un Trimor… marmonna Wilef.
Son regard perdu s’illumina d’une lueur nouvelle. Ce nom lui évoquait vaguement quelque chose, mais il venait tout juste de mettre le doigt dessus. Une vague de frissons lui parcourut le dos.
— Un démon ! reprit-il.
— N’était-ce pas évident rien qu’à le voir ? Mais, pour la forêt…
— Et toi, tu sors d’où ? Qu’est-ce que…
Jerael frappa un grand coup sur les restes de la carriole pour taire les questions. Les trois hommes sursautèrent, et une des roues en profita pour dévaler solitairement la pente. Jerael réprima dans le même temps une grimace et le cri qui l’aurait accompagnée face à la douleur qui traversait à présent sa main.
— La forêt ! La Forêt de Galdr !
Les trois pointèrent silencieusement du doigt la direction tant recherchée, vers l’ouest.
— Merci !
Jerael leur tourna le dos, suivant vaguement et en toute confiance le sens indiqué par ces trois inconnus rencontrés la veille au détour d’un chemin. Ils avaient accepté sans rechigner de l’approcher de sa destination, tout en ignorant ce dont il était capable.
— Et désolé, Wilef ! cria-t-il au loin. Sans moi, vous auriez gagné votre partie !
Wilef resta figé quelques instants avant de reprendre un tant soit peu ses esprits.
— Mais il n’y a plus rien là-bas ! La forêt n’est plus !
— Oui, c’est ce qu’il se dit ! Encore merci !
Il disparut à l’horizon.


Chapitre 3
Spoiler:


Chapitre 3 : Les séquelles de la Tristesse

Ash suivait son nuage de terre à la poursuite de Jerael, le seul susceptible de l’aider dans sa quête, même s’il en doutait au plus haut point. Mais il se raccrochait à ce maigre espoir, cette infime possibilité qui pourrait mettre un terme à deux années de tourment.
À la nuit tombée, sous un ciel étoilé de toute beauté, il passa un misérable et minuscule panneau en bois planté de travers dans un sol dur et sec. Morthomb. C’était le village, le seul dans les environs, dans lequel il venait de s’échouer, toujours à la recherche d’un homme dont il ne connaissait que le nom.
Le hameau ne respirait pas vraiment la joie de vivre. La plupart des habitations étaient abandonnées et délabrées, le bois pourri, les toits troués, parfois effondrés. On dénombrait d’ailleurs plus de tombes que de maisons, et pour cause. Morthomb fut la proie d’un redoutable Nephilim, Camdroth. Le Nephilim de la Tristesse ravagea la terre des années auparavant. Seul l’animait le désir d’infliger le sentiment qu’il incarnait, comme chacun de ses semblables.
Le sinistre village était illuminé par une unique lueur, filante entre les vieilles bâtisses et les sépultures de fortune oubliées de tous. La seule chaleur de la nuit. Elle émanait d’une longue masure rongée par le temps, guère plus reluisante que les autres. Toutefois, celle-ci comptait encore des fenêtres, ce qui représentait un certain avantage. Un atout qui n’avait vraisemblablement pas échappé à d’autres : des ombres se projetaient au travers des carreaux opaques de poussières.
Pour autant, Ash n’avait pas l’intention d’y faire une halte. Ce n’était pas la nuit et encore moins la réputation de ce sombre village qui allait le freiner. Il connaissait l’obscurité comme personne et s’y confondait avec aisance. Il passa son chemin, telle une ombre au milieu des ténèbres, longeant la maison qui diffusait les paroles étouffées de ses hôtes, seuls sons dans la nuit.
— Tu ne sais plus ce que tu dis, Nabot. Tu as trop bu !
— Mais puisque je vous dis que c’est la vérité ! Dis-leur, Wilef !
— Pour sûr ! Il était immense et noir, le Mortri.
Ash s’arrêta sous l’une des fenêtres brisées masquées par une étoffe effilochée, l’oreille tendue.
— À nous trois, on l’a enflammé et tué en un rien de temps. Il n’a rien pu faire d’autre que hurler et nous supplier ! Ça, on s’est pas laissés faire !
Trois hommes pour venir à bout d’une telle créature ? Vraiment ? Impossible, estima Ash. Il devait y avoir autre chose. Ils devaient être plus nombreux. Ou bien… quelqu’un d’autre qu’eux s’en était chargé. Quelqu’un qui possédait des dons uniques.
Ash se ravisa. Il fit demi-tour, tandis que les voix inconnues poursuivaient leur récit. Il s’empara d’une bourse noire qui pendait à sa ceinture, et l’ouvrit dans le creux de sa main. Aussitôt, le nuage de terre s’engouffra à l’intérieur du cuir qu’il resserra. Arrivé face à la maison, il poussa la porte grinçante qui frottait sur le vieux plancher tordu et troué. Une douzaine de regards se tourna dans sa direction. À en juger par leurs expressions, ils semblaient surpris de voir débarquer quelqu’un à une heure aussi tardive. Morthomb n’était guère accueillant la journée, mais la nuit, il ne faisait pas bon de s’y promener : nombreuses étaient les vieilles histoires racontées par les voyageurs qui juraient s’être fait attaquer par des fantômes.
Ash fit un pas en avant et referma la porte derrière lui. Personne ne se leva de sa chaise ni du comptoir qui recevait malgré lui plusieurs hôtes pour l’accueillir. Tous ceux réunis ici n’attendaient qu’une seule chose, que le jour se levât afin de reprendre la route. Pas question de s’y assoupir.
— Lequel d’entre vous est Wilef ? demanda simplement Ash.
Personne ne répondit, et Ash se contenta d’avancer vers l’assemblée qui ne le quittait pas des yeux. Il contourna des chaises, des bancs et des tables en tout aussi piteux état que la bâtisse. C’était d’ailleurs tout ce qu’elle contenait, hormis quelques verres brisés et bouteilles à moitié vides : l’odeur de l’alcool répandue dans l’air trouvait son origine.
— Personne ? Wilef n’existe plus ? Je l’ai pourtant entendu parler alors que j’étais dehors. Il avait la langue bien pendue.
— Et qu’est-ce que vous lui voulez, à ce Wilef ?
— C’est donc vous…
— Je n’ai jamais dit ça ! s’emporta le marchand.
— Vous n’avez pas eu à le faire.
Inquiet, Wilef se dandina. Ash s’empara d’une chaise et la traîna dans son sillage. Sa main noire provoqua un frisson autour de lui. Il posa son siège juste devant l’intéressé, ôta sa cape de voyage et s’assit avec légèreté. Ils avaient beau avoir une chaise identique, Ash le dépassait aisément d’une tête. Il fixa son regard sur l’homme sans plus le quitter des yeux.
— Je vous écoute. Racontez-moi donc votre histoire.
— Sur… Sur le Mortri ?
— Si c’est ainsi que vous le nommez, oui.
— Eh bien… Eh bien…
Wilef semblait décontenancé. Il jeta un regard angoissé à Alan et Nabot, qui restèrent l’un comme l’autre parfaitement muets. Après maintes hésitations, Wilef se racla la gorge, bomba le torse, et entreprit courageusement son récit.
— La nuit dernière, nous avons été attaqués par un Mortri. Oui, c’est ce qui s’est passé ! déclara-t-il maladroitement. Vous pensez bien qu’on ne s’est pas laissés faire ! On lui a réglé son compte en…
Ash leva la main pour le faire taire, ce qui, en plus de lui procurer un nouveau frisson, se révéla efficace.
— Vous avez été attaqués la nuit dernière, et après ? demanda-t-il calmement.
— Eh bien, comme je m’apprêtais à le dire, nous… nous…
Wilef déglutit avec force. Ash, qui souriait intérieurement, avait encore levé la main, mais cette fois-ci un seul doigt tendu le mettait en garde. « Il sait, pensa Wilef. » Il ignorait comment il le savait, mais c’était bel et bien le cas. Il avait compris qu’il ne racontait pas la stricte vérité. Wilef jeta de nouveau un regard à ses camarades qui restèrent silencieux et se tassèrent, les mains serrées autour de leur verre. S’entêter dans son mensonge ne le mènerait pas bien loin. Il pouvait tout aussi bien l’ignorer, mais il ne connaissait pas cet homme ni ce dont il était capable. Sa présence le mettait mal à l’aise, elle l’incommodait. Non pas parce qu’il l’incitait à révéler son imposture, c’était plus profond que ça. Sa main inhumaine le dérangeait. Mais son attitude, son regard qui ne le quittait pas… Il avait la sensation de plonger dans le vide, dans le néant. Il n’en reviendrait jamais. Il n’aurait même plus envie d’en revenir, plus envie de rien. Son existence serait creuse. À jamais.
— C’est… C’est vrai ! Ça ne s’est pas exactement passé comme je l’ai dit !
— Ha ! lança l’un des hommes qui les entouraient. Je l’avais bien dit ! Des mensonges ! Cette créature n’est…
— Silence, coupa Ash.
L’homme s’apprêta à répliquer, mais l’un de ses camarades, avide de connaître le fin mot de l’histoire, l’arrêta à son tour.
— Je vous écoute, Wilef… reprit Ash.
— Tout est vrai… Sauf la partie où on tue le monstre, bredouilla-t-il. On a été attaqués dans notre carriole par le Mortri pendant qu’on jouait aux cartes. Il était immense, effrayant. Et sa gueule…
Wilef s’arrêta un instant et passa sa main sur son crâne dégarni. Ses yeux exprimaient l’horreur qu’il avait ressentie, impuissant et terrifié face à cette créature. Comme ses compagnons, il blêmit et son front se couvrit de sueur à l’évocation du souvenir.
— S’il n’avait pas été là… On serait tous morts.
— Qui ?
— Je le connais pas vraiment… Jerael, qu’il s’appelait. Un petit jeune. Il a dégainé son épée et, je sais pas comment il a fait ça, a enflammé le monstre. Après quoi il lui a coupé la tête. Ça semblait tellement facile à le voir faire.
— Il n’est peut-être pas si inapte que je le pensais…
— Pardon ? Vous le connaissez ?
— Il se rendait à la Forêt de Galdr, n’est-ce pas ?
— Oui. C’est ce qu’il a dit en tout cas. On l’a croisé à la sortie de Videbou. Il avait l’air un peu paumé, et il nous a demandé si on pouvait l’approcher de cette forêt. Dire qu’on voulait le plumer au jeu…
— Était-il à pied ?
— Oui.
Ash se releva et alla remettre la chaise à sa place au milieu du désordre ambiant.
— Comment avez-vous su, demanda finalement Wilef tout en s’épongeant le front, que je ne disais pas… la vérité ?
— Comment ai-je su que vous mentiez ? s’amusa Ash.
Il enfilait sa longue cape de voyage.
— Employez les bons mots. Ce que vous avez vu n’était pas un monstre. Les monstres n’existent pas. Il s’agissait d’un démon. Un Trimor… Il vous est apparu en pleine nuit alors que la pluie s’abattait. Ils se complaisent dans l’obscurité et l’humidité, mais c’est étrange que vous ayez fait sa rencontre… songea Ash. Les flammes sont leur plus grande crainte. Comment un simple marchand comme vous aurait-il pu le savoir ? Par ailleurs, je n’ai jamais entendu un Trimor supplier qui que ce soit…
Sans même attendre la moindre réponse, il s’engagea vers la sortie.
— Et ressaisissez-vous. Vous transpirez la peur. S’il était encore de ce monde, Beruth se délecterait de votre âme…
Quelques sifflements s’élevèrent dans la ruine.
— Il faut avoir du culot pour prononcer l’un de ces noms sous ce toit ! tonna l’homme qui les interrompit plus tôt. Je ne le tolèrerai pas !
Comme les autres, jusqu’à présent il s’était contenté d’écouter l’histoire de Wilef. Mais il était à présent debout et furieux.
— Cette bâtisse ne vous appartient pas, répliqua Ash. Vous n’avez aucune conduite à dicter ici ni ailleurs. Je me moque bien de ce que vous tolérez ou pas.
L’homme s’approcha, rouge de colère.
— Calme-toi Baram ! conseilla l’un de ses compagnons.
— Reste en dehors de ça, toi ! Je vais apprendre les bonnes manières à cet homme.
— Vous devriez l’écouter et retourner vous asseoir.
Baram, les épaules aussi larges que le cadre de la porte, fit face à Ash de toute sa hauteur, les poings serrés.
— Savez-vous ce qui est arrivé ici ? Aux enfants de ce village ? À mon fils ?
— Comment pourrais-je le savoir ? demanda Ash qui feignit l’ignorance. Je méconnaissais son existence jusqu’à cet instant…
— Excusez-vous sur le champ ! gronda Baram, la veine de la tempe palpitante.
Sans un mot ni un regard, Ash lui tourna le dos. L’affront de trop, il le savait. Baram s’empara de la chaise tout juste reposée par Ash et la jeta sur lui. Mais elle ne quitta pas ses mains. Elle ne quittait même plus ses bras, ni son torse, ni ses jambes. Les pieds de la chaise, son dossier, ses barreaux, tous s’enroulaient, serpentaient autour de lui, resserrant leur emprise. Il se débattit, banda ses muscles pour tenter de s’en défaire, en vain. Les étreintes gagnaient du terrain, et son souffle se perdait.
— À moi ! À moi ! cria Baram.
Tous les hommes se levèrent d’un bond. Si quelques-uns se munirent de tessons de bouteilles, l’un d’entre eux tendit le bras vers l’une des fenêtres poussiéreuses, proche d’Ash. Le verre se fissura de lui-même. Il se brisa en une multitude de morceaux aux arêtes acérées. Le vent s’engouffra dans la masure et emprunta la même trajectoire que les éclats meurtriers qui fondaient sur Ash. Convaincu d’avoir offert à ses compagnons une chance de porter atteinte à cet étranger, l’homme leur fit signe d’attaquer. Ils se ruèrent en avant, les bras brandis au-dessus de leur tête, prêts à secourir Baram et à en découdre avec le dissident. Sans succès.
Ash dressa nonchalamment sa main en direction de la piètre menace. Immédiatement, l’essaim funeste interrompit sa course. Le plancher s’enroula aux pieds de certains de ses opposants, tandis que d’autres le traversèrent comme de l’eau et s’y enfoncèrent jusqu’à la taille. Quelques-uns se retrouvèrent suspendus au plafond par les bras. Tous finirent immobilisés dans des cris d’impuissances. Tous, à l’exception de trois hommes, restés simples spectateurs, les yeux ronds.
Les fragments de verre continuaient de tournoyer dans les airs, figés à quelques centimètres d’Ash.
— Il est rare, de nos jours, de rencontrer des hommes capables d’user de magie, observa-t-il. C’est un don qui se perd…
Il tapota du bout du doigt l’un des débris, qui suivit une direction toute tracée. Le responsable de l’attaque, prisonnier de la masure, semblait craindre pour son sort à l’approche du fragment. Malgré tous ses efforts, il ne put dissimuler plus longuement les tremblements de ses jambes et se résolut à fermer les yeux.
— Quel dommage… reprit Ash, que vous manquiez de conviction.
Il tourna les talons. Les reflets des éclats de verre s’estompèrent, et l’instant suivant, la matière se désagrégea en une multitude de grains de sable qui glissèrent sur le plancher.
— Je compte sur vous pour les sortir de là, expliqua Ash à Wilef, Nabot et Alan.
— Camdroth me l’a pris ! lança Baram. Mon fils ! Comme de nombreux autres. Il a tout pris dans ce vil… ce cimetière !
— Croyez-moi, il a pris bien plus encore…
— Il a semé le malheur et le Désespoir sur ce monde !
Ash pivota et observa Baram droit dans les yeux, comme s’il essayait d’y déceler quelque chose.
— En êtes-vous certain ? Vous avez connu le malheur, la Tristesse. Je peux le voir dans vos yeux. Pourtant… vous êtes toujours là… en vie, animé par la vengeance. Alors comment pouvez-vous prétendre connaître le Désespoir ?
À son tour, Baram fixa silencieusement les prunelles vertes de l’inconnu, avec le sentiment de s’y perdre.
— La magie réside dans le nom des choses. Ne redoutez ni les mots ni les noms, et surtout pas ceux des morts. En craignant le nom des Nephilim, vous leur permettez de vivre par-delà la mort. Souhaitez-vous leur être soumis durant toute votre existence ?
Baram rabaissa la tête. Ses poings se desserrèrent. Sa colère s’était dissipée aussi vite qu’elle avait surgi.
— Je me doutais bien que non, conclut Ash.
Il passa le pas de la porte et la referma derrière lui. Il entendait déjà Wilef et ses compagnons accourir pour libérer les prisonniers. Il reprit sa route, ouvrit de nouveau la bourse, et suivit le nuage de terre qui s’en échappa.
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RPG Maker MV Re: La Mort en Désespoir

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