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Ewaldar
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le Lun 17 Mar 2014 - 21:53
Les yeux du passé




Chapitre I
Une histoire de vue




Il était minuit ; un homme marchait le long du port en quête de quelque distraction nocturne. Il fut bien servi, car non loin de là s’agitaient les prostituées, vaquées à trouver des clients afin de remplir les exigences de leurs « protecteurs ».
L’homme progressait au nord, toujours le long du port quand il vit des yeux briller au loin d’une sombre ruelle. Ces derniers semblaient l’épier, et il en fut si intrigué qu’il décida – presque malgré lui – de se diriger à leur encontre. Mais plus l’homme avançait et plus les yeux reculaient, de manière à toujours garder une cinquantaine de mètres entre eux.
Il se mit à courir, courir à travers les ruelles du vieux quartier, oubliant toute autre chose, il sentait qu’il devait les suivre, qu’il devait découvrir ce qu’il se passait. Une fois arrivé au fond, il fut désemparé, car il n’y avait aucun autre chemin à emprunter, si ce n’était les toits, et pourtant il n’y avait rien sur ces derniers.
Essoufflé par son effort, il se tint les cuisses, et laissa sa tête tomber. Les secondes avancèrent en silence, jusqu’à qu’il décidât de re-lever la tête.
C’est alors qu’il vit à nouveau les yeux, au début de la ruelle, l’épiant à nouveau.
– Je deviens fou ou quoi ? Je les suivais… Et les voilà derrière moi !
Et comme à nouveau attiré par ses yeux, il rebroussa chemin et finit par arriver près de l’eau. Il regarda aux alentours, déboussolé, car non seulement la rue était vide, mais il se trouva face à une bien étrange scène : il était nu, et le décor extérieur n’était qu’une vaste étendue blanche sur probablement des kilomètres à la ronde.

Alors il marcha, un pas après l’autre, sans savoir ni où aller, ni pourquoi il ressentait ce besoin d’avancer. Plusieurs minutes s’écoulèrent, se transformant en heures, et il finit par arriver devant une porte sur laquelle était écrit son nom.
Intrigué comme jamais, il ouvrit la porte, et entra dans la pièce ; cette dernière était nue de tout mur, décoration, hormis un miroir. Il alla à l’encontre de ce dernier et se regarda prestement dedans. Il vit alors son reflet : un homme d’une quarantaine d’année, le cheveu brun, court, les premiers signes de l’âge au coin des yeux, un nez aquilin et des lèvres fines.
– Qu’est-ce que je dois faire ? demanda-t-il au miroir, ne sachant de tout manière pas ce qu’il pourrait lui répondre.
Il regarda à nouveau et cette fois ce fut une autre personne qu’il vit, une femme… Sa femme ! Diable de sorcellerie, comment était-ce possible qu’il vît Julie, elle qui était morte depuis quatre longues années ?





Chapitre II
La recherche du passé



– Julie ? C’est bien toi ? demanda l’homme.
– Oui mon chéri, je suis là, répondit-elle. Comment vas-tu ? Je sais que tu ne sors pas beaucoup de la maison, sauf pour ton travail. Je sais que tu t’en veux, mais tu n’y es pour rien, tu ne peux pas continuer de vivre dans le passé constamment !
– Mais… Je ne… Je ne comprends pas…
– Arrête de vivre comme tu le fais, je te le demande, moi, Julie, s’il te plaît, laisse-moi partir en paix…
– Mais tu es déjà… Morte ! Je ne peux pas te retenir, j’ai vu ton corps sur la route, j’ai vu ton appareil respiratoire émettre son affreux signal, et j’ai surtout vu…
– Vu ! Mais vu quoi ? Tu ne fais que cela, voir, mais ouvres-tu réellement les yeux ? Sais-tu réellement ce qu’est de voir ? Je t’en prie mon amour, laisse-moi m’en aller !
Il regarda sa femme d’un air interdit, se demandant s’il ne vivait pas un étrange rêve, il se pinça et comme la douleur lui parvenait, il en conclut que la scène était réelle. Il baissa les yeux afin de regarder ses chaussures, laissant bien malgré lui un long silence gênant s’installer :
– Hum, alors… Que dois-je faire ? Comment je dois faire pour te laisser aller ?
– Apprends à regarder et non à voir. Les signes sont partout, mais tu ne peux les comprendre, parce que tu ne te comprends pas toi-même ! Mon chéri, écoute, laisse-moi m’en aller…
– Mais, tu es réellement morte, n’est-ce pas ? Et là, je suis en train de rêver ?
– Oui, je suis morte, et oui, naturellement tu es en train de rêver, nous sommes dans le monde réel, celui que tu ne connais plus, tant tu te caches et vis dans le passé.

Il se réveilla alors en sursaut, tout en sueur, se mit sur son séant et tourna la tête à gauche, vers le réveil : 5 h 30. Il s’assit, souffla lentement et se prit la tête entre les mains. Il se leva, sortit de la chambre et entreprit de se servir un café à la cuisine.
Il se rendit à la chambre de Jason, son fils de huit ans, qui dormait à poings fermés, encore plongé dans l’insouciance des rêves d’enfants, fut presque rassuré de le voir encore dans son lit, quitta la pièce et s’installa dans son fauteuil.
Il alluma la télévision, zappa jusqu’aux nouvelles et se laissa distraire : douze morts dans un accident de chantier au coin de la 16e rue, un avion écrasé dans l’atlantique : 383 morts, et l’arrestation musclée d’un baron de la drogue colombien.
En somme, pas de quoi en faire toute une histoire, c’était le quotidien du monde actuel. Il se leva et regarda par la fenêtre le soleil se lever, amenant sur son passage ses doux rayons.
Un chat blanc fila sur le toit en face, et à l’instant où il allait se détourner, il vit une paire d’yeux qui semblaient l’épier.
– Ce n’est pas possible, c’était un rêve… Ce n’est rien, sûrement un autre chat. Il quitta le salon, prit une douche froide afin de se ré-veiller et d’oublier cette nuit agitée et quitta son appartement.
L’air au dehors était doux, environ quinze degré et le ciel semblait se montrer clément aujourd’hui. Il monta dans sa voiture, longea la 21e, la 17e et la 9e pour arriver à l’angle du vieux quartier, là où il se trouvait la veille dans son rêve.
Il gara sa voiture, s’assura qu’elle était fermée, et ouvrit la porte du bâtiment dans lequel il travaillait. Son bureau était au quatrième étage, le second à gauche. Lorsqu’il ouvrit, sa secrétaire, une femme d’âge mûr, aux yeux verts, au teint foncé et à la chevelure brune, le sourire à ses lèvres pulpeuses, lui tendit un café et lui souhaita le bonjour.
– Vous m’avez l’air fatigué, Monsieur, si je peux me permettre. Vous avez passé une mauvaise nuit ? Elle portait un tailleur, et un chemisier blanc, plus décolleté qu’à la normale – ce qui n’avait pas pour déplaire son chef, toujours incertain de sa volonté de résister à son fantasme de coucher avec sa secrétaire.
– Agitée, oui, c’est le cas de le dire, Marie. Je vous remercie du café, et vous semblez changée par rapport à hier, me tromperais-je ? Vous avez changé de coiffure, non ?
Elle n’avait naturellement rien de changée par rapport aux autres jours, mais elle décida de jouer le jeu, voir où ce dernier l’emmènerait.
– Oui, le coiffeur a fait des merveilles, je suis ravie que vous l’ayez vu, quel sens de l'observation vous avez ! Puis, elle décida de faire avancer un peu les choses d’elle-même – car elle n’était pas non plus contre l’idée de connaître la bête dans son ensemble.
– Que diriez-vous de sortir un peu, on ne vous voit jamais, vous vous enfermez toujours chez vous. Je passerai vous prendre à vingt heures, et nous souperons à l’endroit de mon choix. Qu’en dites-vous ?
– He bien, il me semble que vous ne me laissiez guère le choix ! Vendredi 20 heures devant chez moi, c’est entendu.
Tous deux intérieurement content de leur côté, mais n’osant naturellement pas le faire savoir à l’autre, ils vaquèrent à leur occupation et la journée fila sans autre apparition de ces yeux.
Il sortit du bureau à 18 h 30, reprit sa voiture et se rendit au magasin, afin d’y faire les courses du soir. Il circulait en ville, lorsque son regard se perdit sur les trottoirs, regardant de manière interdite les jeunes filles passer, vêtues la plupart de minijupes, laissant la nature faire son boulot et attirer de jeunes mâles vigoureux en quête de quelque future relation sérieuse, mais d’une nuit sans sommeil pour la plupart.
C’est alors que les yeux réapparurent et, grillant un feu rouge, continua son chemin sans s’en rendre compte. Il revint à la réalité juste à temps pour planter les freins et éviter la collision avec un quarante tonnes qui klaxonna. Son conducteur lui fit quelques gestes explicatifs de son humeur et remonta sa vitre.
L’homme, lui, était choqué. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il fit ses courses et se dépêcha de revenir à la maison, préparer le repas du soir, en compagnie de son fils.
 






Chapitre III
La confrontation

20 heures. Il sortit de chez lui, et repéra la voiture de sa secrétaire, une berline bleue qui appartenait à son père – imaginez bien que son petit salaire le lui aurait pas permis ; elle dépensait déjà une majeure partie de son argent en produits cosmétiques, habits et possédait une importante réserve de préservatifs de toute tailles et parfumés de bien des arômes.
Cela faisait partie de son style de vie cougaresque, qu’elle mettait de temps à autre de côté afin d’avoir une aventure sulfureuse avec un collège ou un homme plus âgé en général. Aujourd’hui, la proie était son patron, et cela ne faisait que rendre la partie plus excitante.
Ne voulant pas donner l’impression d’être pressé, il marcha nonchalamment en direction de la berline et toqua à la vitre. Il vit tout d’abord sa secrétaire, puis sa défunte femme au regard noir et accusateur, et enfin à nouveau sa secrétaire.

– Bonsoir Marie, comment allez-vous ? demanda l’homme, encore surpris de l’apparition de sa femme. Vous êtes encore plus ravissante qu’à l’habitude.
-Bonsoir. Ho, merci du compliment, vous montez ? Elle gloussa intérieurement comme une jouvencelle adolescente, et mit en marche le moteur, longea la rue et prit la seconde à droite. Elle avait l’intention de le ramener chez elle, sans passer par la case resto, ni par le stade des préliminaires.
Elle accéléra davantage, et, au moment de prendre à gauche, per-cuta le véhicule venant en sens inverse. Après un choc d’une violence terrible, l’homme, à moitié en sang, le nez, trois doigs, ainsi que plusieurs côtes cassés, revint plus ou moins à lui et vit de manière trouble la scène actuelle.
Les pompiers étaient intervenus afin d’arracher les portières bloquées, et les ambulanciers les avaient transportés sur des brancards jusqu’à l’ambulance. Mais, au moment, de démarrer le véhicule, l’appareil respiratoire se bloqua et le cardiomètre émit le terrible son contigu : le son de la mort qui pendant les quatres années suivantes allaient envahir l’esprit de l’homme, le malmenant dans sa vie ac-tuelle, afin de l’enfermer dans les récits passés, lui rongeant lentement la vie, agrémentés d’amères pensées de culpabilité.
Jusqu’au jour, où, perdu à nouveau dans ces pensées, il fut percuté par un véhicule ayant voulu éviter un quarante tonnes, car ce dernier avait planté les freins au beau milieu de la rue.

« Ici gît Jeff Kurnham, marié à Julie Kurnham. Pas d’enfant. »


Dernière édition par XtremeViper le Jeu 20 Mar 2014 - 13:25, édité 3 fois
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le Lun 17 Mar 2014 - 22:50
C'est bien sympa, sauf des petite fautes de frappe avec le "-", mais sinon c'est plutôt bien écrit.
J'attends la suite pour savoir ce que ça donne, je n'aime pas ne pas finir les histoires xD
Ewaldar
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le Lun 17 Mar 2014 - 22:59
En fait, non, il n'y a justement pas de faute, c'est bien un tiret qui doit être écrit (mais pas le petit, le semi-long, je ne sais plus son nom, semi-quadratin je crois).

De toute manière mes histoires ne sont jamais terminées, je laisse toujours une porte ouverte à des pensées ultérieures ;)Mais il n'y aura que 3 chapitres, je pense. Il faut juste que je réfléchisse à une suite cohérente !

En tout cas, merci de lire et de commenter, c'est gentil !

EDIT : Je viens de voir le truc des -, j'ai compris, cela vient de word qui coupe automatiquement... Je vais les traquer et les changer, merci Titou !


Dernière édition par XtremeViper le Jeu 20 Mar 2014 - 12:51, édité 2 fois
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le Lun 17 Mar 2014 - 23:07
"désempa-ré" n'est donc pas une faute de frappe, c'est fait exprès?
Je savais pas xD
Pour finir tes scénario, moi non plus je fini pas vraiment, laisse toujours une ouverture, vers une suite, ou juste un passage qui traine comme ça.
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le Lun 17 Mar 2014 - 23:14
Très beau, j'aime bien ce que tu écris Xtrem.

HS :

Maintenant que j'y pense tu m'avais un jour fais lire un commencement de livre mais je n'ai jamais lu la suite je ne me rappel plus du titre.

Je me rappel juste que le début se passait dans une auberge...


HS2 :

semi-quadratin toi même !


...

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le Mar 18 Mar 2014 - 9:11
Je parlais des tirets ;)Après le reste n'est pas exempt de fautes haha

Oui, c'était l'histoire du monde d'eridia (ouffff, ça me rajeunit pas tout ça), je vais la réécrire totalement de manière correcte et non chiante.

 lol! ton hs 2 est sympa



EDIT : Je crois que je vais faire un petit coin perso, car j'ai recommencé également le roman de mon ancien projet, que j'ai actualisé et déjà réécrit 2 pages.

Spy => C'était les Terres d'Eridia, une fois que j'aurais un peu long dessus, je le posterai ici (mais j'ai enlevé tous les nia nia, et autres fioritures)


Dernière édition par XtremeViper le Jeu 20 Mar 2014 - 13:28, édité 1 fois
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le Mar 18 Mar 2014 - 9:30
J'aime bien ce genre de nouvelles, c'est sympathique à lire.

Tu as écris une histoire qui captive je pense même si, j'aurais aimé un vocabulaire un peu plus étoffé par endroits .

En tout cas j'attend le derniers chapitres pour savoir comment tous ça va finir ^^
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le Jeu 20 Mar 2014 - 13:27
J'ai terminé l'histoire, le texte a été mis à jour.

Merci à tous de lire, c'est sympa Wink
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le Jeu 20 Mar 2014 - 22:14
Ah bin mince alors ! on saura jamais quel arômes elle lui aurait choisi en capote !!!! Very Happy

Pour être plus sérieux, donc si je comprend bien, c'est ça femme défunte qui provoque l'accident ? je ne crois pas au hasard dans ce genre d'histoire.
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le Ven 21 Mar 2014 - 9:47
En fait, sa secrétaire n'est autre que sa femme qu'il n'arrive pas à oublier depuis sa mort en voiture. Parce qu'il vit dans le passé et a culpabilisé, les choses ont peu à peu pris des proportions inquiétantes, et la donc, la scène de mort est en fait le souvenir de son propre accident, ça fait une boucle.

Donc, oui, c'est bien sa femme qui a provoqué l'accident il y a 4 ans de cela.
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le Ven 21 Mar 2014 - 10:42
Faudra que je relise plus calmement, j'avais pas vus la chose de cette façon.
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